Génial, fou, ou tout bêtement nullissime? Personnellement je n'ai pas tranché la question. Au moins sait-on qu'il était fou, au sens clinique du terme, ayant passé une bonne partie de sa vie à
l'asile et soumis à des crises de paranoïa aigue. Mais pour le reste de la question, le mystère reste entier!
Ses chansons, c'est une sorte mélange de rock 70s (son premier album a été produit par Zappa) et de complainte de SDF bourré. Une sorte de mal-être extrême, exposé de manière tellement sincère
que ça en est obscène. On dit que certains chantent avec leurs tripes, lui il met aussi ses boyaux, avec le reste de son déjeuner et les mouches qui tournent autour.
Larry (wild man) Fischer - My name is Larry
Larry (wild man) Fischer - Merry go round
J'ai découvert le bonhomme par l'excellent et très complet billet de Noreille. Je profite d'ailleurs de cet article
pour créer une catégorie Youpi ou Ohlala?, pour ranger ces artistes qui me plonge dans une fascination perplexe. J'y range rétroactivement, de la musique noise extrême et un trip vocal d'un
chanteur culte.
Edit: plus j'écoute et plus ça me fait penser au film Tarnation, vraiment le même mélange d'intime, de tragique et de folie.
Cette histoire surprenante se passe en l’an de grâce mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf. Les jeunes époux Hip-hop Français étaient partis passer leur lune de miel aux Etats-Unis. Arrivés à
New-York saluer les grands-parents, ils s’en vont pépères rejoindre la West-Coast prendre des nouvelles de leurs turbulents cousins de Californie. En chemin dans leur Mercedes Benz, baskets Stan
Smith sur l’accélérateur et cheveux tondus au vent, une étrange idée les prend : ils bifurquent par le Texas.
Hélas, sur la route 66, les choses commencent à dégénérer. Si Monsieur Hip-hop Français fait timidement du gringue aux demoiselles R’n’B, madame lorgne plus sérieusement sur les corps virils des
cow-boys en santiags. Il ne faut pas plus qu'une soirée arrosée au whisky pour qu’elle se retrouve à faire zoum zoum zeum dans le tracteur benz benz benz d’un vacher texan fan de country.
Neuf mois plus tard, je vous laisse imaginer la mine déconfite de monsieur Hip-hop Français en entendant brailler son rejeton.
Mais Monsieur Hip-hop français, s'il est moins macho qu’il voudrait le faire croire, n'a pas toujours beaucoup de discernement. Rockeur, Teufeur, Jazzman, un bon nombre de musicos lui faisaient
depuis longtemps des enfants dans le dos. D'ailleurs, avant même que sa femme ne s'acoquine avec son cow-boy, elle avait déjà donné dans le vacher, mais version celte (tendance
assurancetourix).
Monsieur Hip-hop Français n’était pas au bout de ses peines et encore moins à celui de ses cornes. En 2003, lassée de ses amants habituels, voilà que sa dulcinée croise le regard d’un parigot
moustachu. Bretelles bien ajustées, béret sur la tête et accordéon sous les bras, il a tout pour la faire succomber; elle ne se laisse pas prier.
Mais rassurez vous, Madame Hip-hop est discrète et son mari n'en a jamais rien su. On raconte qu'ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants adultérins.
-Une petite histoire du rock chinois bien foutue sur fluctuat.net
-Le top 5 des groupes asiatiques en 2008 selon le Time. Des découvertes à faire, même s'il se
focalise sur l'electro-pop-rock et se limite à l'Asie de l'Est et du Sud-Est
-Un magasin indépendant de San Fransisco qui propose des présentations d'albums en ligne par style et pays. Leur sélection de musique française est
pas mal du tout, on peut donc être confiant pour le reste.
Plus ça va, et plus je suis attiré par les langues étrangères. Alors que la grammaire me rebutait, je deviens fasciné par ces petites règles tordues qui
m'horripilaient. C'est fou ce que ça révèle sur la manière de penser!
Un autre truc intéressant est le rapport qu'on a à une langue et qui nous révèle de façon tout aussi saisissante. Petite illustration en musique avec des artistes non hispanophones qui se sont
essayé à la langue de Cervantès.
Au début des années 1950, quand on pense à l'espagnol on pense à l'Espagne du dictateur Franco. Mais dans l'imaginaire français, l'Espagne c'est aussi le pays des
anarchistes des années 30. Rien d'étonnant donc à ce que Brassens l'anar offre une version hispanique de son premier succès, La Mauvaise Réputation. Le titre a d'ailleurs été
repris avec fièvre parPaco Ibañez.
Georges Brassens - La Mala Reputación.
Robert Wyatt, l'homme qui a la plus belle voix du monde, reprend un tube de sa jeunesse, Hasta Siempre Comandante de Carlos Puebla. L'espagnol renvoie ici à l'imaginaire
révolutionnaire des années 1960, au mythe du Che et du Cuba socialiste. Pour info, le titre a aussi été repris par Zebda.
Robert Wyatt - Hasta Siempre
Comme son nom l'indique, Mano Solo est attiré par l'espagnol. Il le prouve dans une de ses plus belles chansons, Barbès-Clichy. L'utilisation d'une langue étrangère est surprenante
puisqu'il s'agit d'une déclaration d'amour toute parisienne. Les paroles ne sont pas très explicites, mais je l'imagine errant seul, entre Barbès et Place Clichy se remémorant violemment ses
amours qui s'embrouillent jusqu'à se fondre avec Paris et qu'il crie «Paris prends moi dans tes bras / de Barbès jusqu'à Place Clichy / c'est là, que j'aime perdre ma vie». L'espagnol est ici dénué de connotation politique mais sert peut-être à donner un parfum de mystère et de romantisme.
Mano Solo - Barbès Clichy
Encore une autre approche de l'espagnol avec le rappeur franco-colombien Rocca. Il a commencé sa carrière en France avec La Cliqua avant de fonder un groupe de rap latino, Tres Coronas.
Dans le titre El Original, derrière un egotrip classique, Rocca donne un mélange péchu de ses deux cultures avec beat à base de salsa et un flow bilingue qui lui permet de se vanter "demande à
tes gars combien de MC rappent en deux langues". L'espagnol devient le passeport d'une Amérique latine qui fait rêver les jeunes français, car comme le chante Rocca « tout ce qui est latino plait
aujourd'hui ». Ainsi, même si Rocca contrairement à ses ainés, n'est pas tributaire des mythes révolutionnaire ou de l'exotisme, son utilisation de l'espagnol relève aussi de la mise en
scène. La bimbo bronzée a remplacé le barbu rebel sur le trône du cool, et c'est peut-être pas plus mal.
Et j'aimerais le prouver aux anglophones avec un projet de nouveau blog, au doux nom racoleur, French Kisses. L'idée est de couvrir, en anglais,
de la manière la plus large possible la musique populaire française, tous les styles, toutes les époques, de Alizée à Michael Youn en gros ;-) Ceux qui suivent le blog auront peut être remarqué
que c'est la même démarche que les "mixtapes", Discovering french music.
Je recherche donc du monde motivé pour alimenter French Kisses. Blogueur averti ou puceau du clavier, tout le monde est bienvenu, il
suffit d'être intéressé par la musique française, d'écrire dans un anglais décent et de pas avoir des goûts de chiotte. Les billets peuvent être sur une chanson, un album, un artiste, un genre,
n'importe quoi mais toujours en essayant de le rendre compréhensible pour quelqu'un qui n'y connait rien du tout à la musique et à la culture française. Un autre truc qui peut être sympa à
faire est de traduire les paroles, l'idéal étant de les intégrer en sous-titre à une vidéo.
Voilà, ceux que ça intéressent peuvent poster en commentaire ou m'envoyer un email à boebis(a)hotmail(point)com
Petit post rapide pour prouver que je ne suis pas mort mais juste un peu occupé.
Showshoes, déchaînée avec les chaînes, me demande quels sont les 5 cds que j'emmènerais sur une île
déserte. Comme cinq c'est vraiment très très peu, j'exclue les cds français, anglais et américain:
J'en profite aussi pour partager quelques liens sympa découverts plus ou moins récemment. Il y a le podcast de Néo Géo,
l'émission "musiques du monde" de radio nova. Côté blog, je vous invite à jeter un oeil sur Cansei de ser me où vous trouverez des samples, des jeux de mots , un regard ouvert sur la musique sur Bruxelles-Bangock-Brasilia, découvert tout récemment mais en sommeil, le très intéressant Radio canalh, et une plongée très fraîche dans le cinéma indien avec François Da Silva (où
l'on apprend par exemple que Bollywood ne représente qu'un 1/3 de la production indienne!). Ah et j'allais oublier, ne manquez pas le safari collectif et réjouissant de dégommage des
mamouths du rock sur Top of the flop of the pop of the blogs.
PS: l'image vient de ce myspace et le titre du post vient de ce bouquin.
On continue un petit tour du monde du rap avec le Mexique. Un son bien sûr proche du rap américain mais avec des influences latino assez marquées, que ce soit au niveau des instruments samplés,
trompettes et petites guitares mexicaines en tête, et des rythmes qui lorgent souvent vers le reggaeton et le merengue. Je me suis concentré sur le le rap mexicain, sans parler du rap chicano,
c'est à dire celui de la communuauté mexicaine des Etats-Unis.
Control Machete - Comprendes Mendes. Gros tube du plus gros groupe mexicain, qui a notamment collaboré avec Cypress Hill.
El Chivo - Que Me Entierren Con La Banda
Los trovadores de la lirica perdida. Des beats secs et des flow nerveux.
Boca Floja Presente Pasado y Futuro. Un son jazzy et un flow "narratif" très proche d'Oxmo Puccino
Molotov - Gimme tha power. L'autre groupe qui cartonne avec Control Machete. A cheval entre rock en español et hip-hop, festif et engagé politiquement.
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