Publié le 28 Avril 2008

Une certaine lassitude me gagne parfois à propos de ce blog. A quoi bon poser sa crotte dans l'océan de la blogosphère? Rien que sur over-blog, il y a 759 287 blogs ! Mais quand je pense à Tha Blue Herb... un grand groupe dans le sens le plus exigeant du terme mais avec une couverture médiatique si riquiquiissime que ça en devient choquant; choquant que les mélomanes soient privés d'une telle musique. Vous vous rendez compte qu'il faut passer par l'import pour ce procurer leurs albums? Bon j'arrête, je ressemble trop à une vierge outragée. En tout cas, ce scandal intergalactique donne une raison à ce blog d'exister.

 

Le prétexte que j'ai trouvé pour vous parler de Tha Blue Herb est le sample qu'ils ont fait du titre de Ben Harper, power of the gospel. De le réécouter, ça me replonge dans mes années lycées, mais force est de constater qu'il a bien vieilli. Une intro de plus de trois minutes, avec violon et violoncelle ça fait craindre le mièvre et le prétentieux, mais le tout est au contraire assez envoûtant, avec un bel équilibre entre puissance et émotion contenue.
 


Ben Harper - Power of the Gospel, extrait de Fight for you Mind (1995)

 

 

Quant à Tha Blue Herb, et au risque de me répéter, un grand titre d'un grand groupe. Un beat tout en finesse de DJ O.N.O qui laisse respirer le sample, et la voix de Boss qui me renverse toujours autant.


Tha Blue Herb - 続・腐食 extrait de Stilling, still dreaming (1998)
dewplayer:http://boebis.free.fr/Musique/garifunas/1-10.mp3&

Edit: Queen me précise que le titre de Ben Harper a également été repris par le meilleur rappeur français en activité, Oxmo Puccino, sur le titre la loi du point final, de l'album Opéra Puccino.

Plus: Tha Blue Herb sur ce blog - site officel de Tha Blue Herb

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Publié le 26 Avril 2008




Les dessous des cartes, la célèbre émission d'ARTE a consacré un épisode à la musique, avec l'aide de l'équipe de Mondomix. Aussi passionnant qu'à son habitude, l'émissionaborde la musique comme révélateur et enjeu politique et social, le tout avec l'appui de cartes: «Musique ambassadrice, musique dialogue, musique croisée, échangée. Heureusement là comme ailleurs, la pureté n'existe pas car la musique se nourrit, s'enrichit constamment d'apports externes et de différences. Et puis nous avons aussi cette musique identité, musique de résistance... » Ah si seulement on avait plus d'émission comme ça ! Pour se consoler, un bon paquet d'épisodes du dessous des cartes sont regardables sur dailymotion.

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Publié le 18 Avril 2008

Bonne nouvelle ce matin, je feuillette Télérama et pouf, un article sur une des musiques qui me touche le plus - roulement de tambours - la musique des Garifunas. Ca me fait d’autant plus plaisir que j’étais pas très satisfait par mon billet sur la paranda et que ça me donne donc une occasion d'en reparler. Les Garifunas sont un peuple assez fascinant, issu du métissage au XVIIe siècle de noirs rescapés des négriers et d'amérindiens. Aujourd'hui ils sont dispersés entre le Honduras, le Belize et le Nicaragua. Le titre de l’article de Télérama est un peu trompeur puisqu'il se focalise sur les Garifunas du Belize, et en particulier sur le label  musical Stonetree qui y a été fondé. Ce label a notamment signé Andy Palacio, qui était devenu le porte-parole de la culture Garifunas avant sa mort en janvier dernier. La dernière sortie du label est Umalali, une excellente compilation de chansons traditionnelles chantées par des femmes Garifunas.
 
Assez, étrangement, l’article passe sous silence les Garifunas du Honduras, du Guatemala et de la Barbade (sans parler de l’importante population émigrée). Je propose de réparer ça avec quelques morceaux de Garifunas du Guatemala et du Honduras.

Extraits de Music From Guatemala 2 - Garifuna Music

 

Les parandas ont toutes une sorte de pulsation interne assez hypnotique, construite autour de percussions rapides, d’une basse répétitive et de petits riffs de guitares très spécifiques. Comme pas mal de musique afro-américaine, elles sont construites sur le dialogue entre un chanteur et un chœur.
Grupo Ugandani – Lubidu Nafridu
dewplayer:http://boebis.free.fr/Musique/garifunas/11%20Lubidu%20Nafridu.mp3&

Une chanson de punta-rock, c'est à dire genre traditionnel punta modernisé. Le chanteur  demande à un garifuna émigré de revenir pour enseigner ce qu’il a appris à l’étranger.
The Garifunas Boys - Giribuba (reviens)
dewplayer:http://boebis.free.fr/Musique/garifunas/12%20Giribuba_Come%20Back.mp3&&

Une autre chanson dans le style punta-rock. Elle et à propos d’une femme effrayée par une souris. J'adore la superposition du rythme très dense, presque tassé avec le cuivre qui flotte par dessus et aère la chanson de façon très spéciale.
The Garifuas Boys – Garadu (souris).
dewplayer:http://boebis.free.fr/Musique/garifunas/02%20Garadu_Mouse.mp3&&

Extraits de Music From Honduras 2 - Garifuna Music








Une chanson traditionnelle.
Grupo De Danzas Garifuna - Tagarigu Nanigi dewplayer:http://boebis.free.fr/Musique/garifunas/13%20Tagarigu%20Nanigi.mp3&&

Un son très garifuna avec des élements de pop.
Fuerza Garifuna – Milagrosa
dewplayer:http://boebis.free.fr/Musique/garifunas/01%20Milagrosa.mp3&& 

Dans un style qui tranche avec le reste, et chanté en anglais, un son très frais, assez proche du calypso des Antilles ou du mento (un genre jamaïcain qui a influencé le ska et le reggae)
Farm Boy - Brown Skinned Girl

dewplayer:http://boebis.free.fr/Musique/garifunas/04%20Brown%20Skinned%20Girl.mp3&&  

Les deux compilations sont produites par le label suédois Caprice Records
. Elles ont des livrets très complets avec photos, paroles traduites et explications détaillées.

Plus:
label stonetree dossier sur la musique d'amérique centrale Punta-rock - histoire des garifunas

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Publié le 14 Avril 2008

Je suis tombé sur un article de Rahul Verma qui prenait acte du caractère dépassé de la World music. En effet, cette année, une bonne partie des groupes hypes sortaient du carcan occidental: MIA, CSS, Bonde do Rolê, Diplo et on pourrait même inclure Beirut ou Vampire Week-end. Pourtant les récompenses de World music, comme les World Music Awards de la BBC se focalisent exclusivement sur les groupes plus traditionnels voir passéistes, dans la mouvance du Buena Vista Social Club. Rahul Verma se demande alors si l’étiquette « world music » garde une utilité pour promouvoir tous ces groupes non occidentaux ou si elle doit être définitivement abandonnée. La réponse est dans la question...


Je rejoins assez son analyse, mais il faut quand même rappeler que la mondialisation de la musique n’est pas un phénomène récent, que ce soit des carrières internationales, des transpositions de chansons dans d'autres genres ou d'autres langues. On pourrait citer des milliers d’exemples. Un assez amusant est le titre Cerisier rose et pommier blanc. Il est composé par Louiguy en 1950, Français d'origine italienne qui a notamment composé la Vie en Rose pour Edit Piaf. Le titre est repris en cha-cha par le cubain Perez Prado sous le nom de Cherry Pink and Apple Blossom White. Ça devient un immense tube en 1955, notamment aux Etats-Unis.


La version de Louis Guglielmi (
Louiguy ) chanté par André Claveau, Cerisier rose et pommier blanc


La version de Perez Prado, Cherry Pink and Apple Blossom White

 

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