Publié le 25 Février 2010

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Une photo qui n'a strictement rien à voir avec l'article (Shoji Ueda)



Interlignage, le nouveau webzine culturel à ne pas rater. J'y posterai de temps en temps dans la rubrique cinéma.

Bruxelles-Bangkok-Brasilia, qui organise un top des blogueurs des albums de musique du monde. Venez voter!

Wayne and Max, un site passionnant sur les musiques dansantes des années 2000 (en anglais)

Oro god, des pépites de vinyls africains. Plein de sons des 70s et du Bénin.

Groovealizacion, un bon webzine sur les musiques du monde

Une réfléxion sur la consommation musicale éthique et le tourisme musical sur unfashionbly late (en anglais)

Un blog bien informé sur la musique africaine par une journaliste à Vibrations: Elisabeth Stoudmann



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Publié le 23 Février 2010

S'il y a quelque chose que je trouve vraiment saugrenu, c'est le mépris persistant pour les musiques de danse de la part des passionnés de musique. Faites un tour des tops de musique pointus, qu'ils soient orientés hip-hop, indie ou musiques du monde, vous ne trouverez aucun album destiné à faire danser (mis à part les tops de DJ cela va de soit). On dirait qu'il y a toujours une part de ce préjugé idiot qui voudrait que la musique profonde s'écoute sagement assis. Le terme "festif, accolé à la musique devient une insulte et synonyme de musique légère et passagère. Le groove, oui ça c'est bien, mais la fête oulala! de la tecktonik tant qu'on y est?

Mais quelle erreur jeune padawan de la hype! Tous les styles que tu écoutes avec ferveur sont nés dans les bals, dans les cabarets, dans les clubs, dans les soundsystems! La valse et le musette ça se dansait! Et le jazz, le rock, le funk, le hip-hop, l'electro ce sont des musiques qui ont été créées sur des pistes de danse non? Certes après, ils s'en sont souvent éloignés parce que certains les trouvaient plus respectables avec un message politico-philosophique, des arrangements complexes, un orchestre symphonique ou je ne sais quelle autre kitcherie arty. Et aujourd'hui, le public d'un concert de musique populaire hoche de la tête en tapant gentiment du pied le cul sur une chaise...

On veut même nous faire croire que les chansons qui parlent de sexe et de séduction sont creuses ou vulgaires. Mais c'est la vie! Balancez moi à la poubelle les complaintes d'ados dépressifs, les odes aux elfes cosmiques et les hymnes pour la paix dans le monde. Mettez-y aussi ces cochonneries indie téléchargées après le 8.3 attribué par Pitchfork. Je vous vois derrière votre écran, vous vous ennuyez sans même vous en rendre compte. Allez, montez le son et tant pis si vos collègues découvrent que vous faites sembler de travailler depuis une heure.

 



J'ai limité la playlist aux titres postérieurs aux années 60, les styles antérieurs aussi passionant et dansant qu'ils soient (mambo, cumbia, musette, tango, valse etc.) ont un tempo plus lent et moins marqué qui les rend peu propice à la danse pour ceux qui comme moi ne savent pas danser mais ne s'en privent pas pour autant. Ci-dessous, quelques un des albums dont est constitué la playlist avec une domination par KO du label Soundway. J'ai vraiment mis les chansons sur lesquelles j'aime danser sans essayer de mettre des titres rares.



Colombia! - The Golden Years Of Disco Fuentes
Rio Baile Funk - Favela Booty Beats
Ghana Soundz, Afro-beat, funk and fusion in 70's Ghana


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Calle 13 - Residante o visitante (reggaeton)
Tumbélé! Biguine, afro & latin sounds from the French Caribbean
Panama! Latin, Calypso and Funk on the Isthmus 1965-75


Et aussi mais j'ai la flemme de mettre les pochettes: un merengue Oro Solido, Premier Gaou de Magic System, un titre de Kuduro, du dancehall de Admiral T, une salsa colombienne de Fruko...


Et pour ceux qui ont pris l'introduction trop au sérieux, un article qui explique pourquoi la "ghettotech" et au fond cette playlist est simplement la nouvelle mue de l'éternelle hype - mais j'y reviendrai prochainement.


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Publié le 10 Février 2010

Aux sources de la cumbia péruvienne

La cumbia est au départ un genre traditionnel colombien qui prend sa forme moderne dans les années 50. Il s'exporte rapidement dans toute l'Amérique du sud avec des groupes comme Los Corraleros de Majagual ou la Sonora Dinamita. Le genre n'est scandaleusement connu en France que comme celui de la vieille pub nescafé alors que c'est l'un des plus riches et passionnant d'Amérique du Sud. A l'époque, ça ressemblait à ça:

Los Corraleros de Majagual - Gûepaje

 

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Los Destellos
 
La révolution vient du jeune guitariste Enrique Delgado qui fonde en 1966 Los Destellos. Il reprend les lignes de basse typique de la cumbia mais remplace l'accordéon colombien par la guitare électrique. La jeu de la guitare puise directement dans le rock psychédélique de l'époque. On retrouve également l'influence de la musique criolla, de la nueva ola et de la guaracha cubaine pour les percussions. La cumbia peruana était née.

 

Los Destellos - Tú Dónde Estás, une chanson épique plus rock et nueva ola que cumbia qui montre bien les influences non cumbia du groupe.

Quelques classiques des Destellos:

Los Destellos - Jardín de amor

Los Destellos - Muchachita celosa :

 

De très nombreux groupes se mettent à jouer cette cumbia péruvienne. Parmi les meilleurs, on peut citer los Hijos del Sol, los Diablos Rojos, los Pakines et los Ecos. Los Hijos del Sol - Mi cariñito

Los Ecos - Lloras

 

La musique péruvienne - Cumbia et chicha

Juaneco y su combo, fiers de venir de la forêt!

De la forêt amazonienne péruvienne à l'époque en plein boom pétrolier, quelques groupes passionnants se mettent également à en jouer. Les titres reflètent leur provenance: sonido amazonico, milagro verde, la danza del petrolero... On peut parfois entendre l'influence du Brésil voisin ou de la musique "traditionnelle" d'Amazonie.

Juaneco y Su combo - Mujer hilandera

Los Mirlos - Lamento en la selva

De la cumbia à la chicha

La cumbia originelle était déjà influencée par le huayno andin. Cependant, c'est vers la fin des années 1970 que s'opère la véritable fusion cumbia-huayno dans le contexte de l'augmentation des migrants des villages andins vers Lima. L'influence du huayno est particulièrement nette au niveau du chant, placé dans les aigus. On sent également l'influence des années 80 dans la production ou la présence des synthétiseurs.

Soy provinciano de Chacalón devient l'hymne de tous les provinciaux s'étant installés à Lima: "Je suis un provincial, je me lève très tôt pour aller travailler avec mes amis. Je n'ai ni père ni mère, ni un chien à mes côtés. Je n'ai que l'espoir de progresser. Je cherche un nouveau chemin dans cette ville où tout est argent et méchanceté. Avec l'aide de Dieu, je sais que je triompherai et avec toi mon amour, je serai heureux, oh je serai heureux."

Chacalón - Soy provinciano (1978)

 


A cette époque, on commence à appeler la cumbia péruvienne chicha. Aujourd'hui les deux noms sont pratiquement devenus synonymes même si on utilise plutôt "cumbia peruana" pour la vieille cumbia tandis que chicha se réfère plus à son évolution. On l'appelle également chicha andina pour montrer l'influence du huyano andin. Le terme chicha signifie également "mauvais goût" et reflète un peu l'image de ce genre méprisé. Il était (et est) considéré par les liméniens comme de la musique de provincial tandis qu'eux (bien que souvent eux aussi descendant de migrants andins) écoutaient plutôt de la salsa à l'époque et aujourd'hui du rock ou du reggaeton.

 

La chicha explose commercialement avec les tubes de los Shapis au début des années 80. Les succès s'enchaînent même si la qualité n'est plus toujours au rendez vous. Los Shapis - El Aguajal (1981).

La mouvance commerciale s'accentue encore avec la tecnocumbia dans les années 1990, genre qui n'a d'ailleurs pas grand chose à voir avec la techno. Ce style est influencé par le mouvement mexicain du même nom avec de fortes doses de claviers et batteries synthétiques, chorégraphies et danseuses en bikini (ces dernières étant néanmoins présentes dans à peu près tous les styles de cumbia). Comme la cumbia amazonica, la plupart des groupes viennent de la région de l'Amazoie. La star péruvienne du genre s'appelle Rossy War (attention ça pique les yeux). Mais la plus marrante est certainement La Tigresa del Oriente, délicieusement/horriblement kitsch.

Un autre groupe représentatif des années 1990 est Grupo Néctar dont les membres moururent en 2007 dans un accident de bus.

 

 

La cumbia péruvienne aujourd'hui et ailleurs

La cumbia péruvienne est aujourd'hui le genre le plus populaire du Pérou. Par exemple, selon un sondage de 2009, 46% des liméniens considèrent que c'est le style le plus représentatif de leur ville. Le genre qui dans les années 70-80 était écouté par les migrants provinciaux a conquis la classe moyenne. Aujourd'hui les stars actuelles de la chicha s'appellent Caribeños de Guadalupe, Hermanos Yaipén et surtout Grupo 5 et viennent curieusement pour la plupart du Nord du Pérou. Ils pondent des tubes festifs et romantiques qui sont les seuls titres locaux à pouvoir prétendre concurrencer latin pop, merengue et reggaeton en boîte de nuit. Le Grupo 5 est tellement populaire qu'ils ont même une telenovela et un film qui leur sont consacrés! Sur le style, peu de différence avec leur prédécesseur si ce n'est l'utilisation généralisée des cuivres qui en font de véritables orchestres.

Grupo 5 - Motor y motivo. Kitch mais imparable

 

La cumbia péruvienne a toujours eu un certain succès dans le reste de l'Amérique latine. Il a influencé assez tôt la cumbia colombienne avec notamment le succès de Los Mirlos. On peut citer Afrosound mais surtout Rodolfo y su Tipica qui reprit la cumbia péruvienne La Colegiala de Los Ilusionistas et lui fit faire le tour du monde dans la célèbre pub nescafé! Plus récemment, la cumbia péruvienne dans son côté le plus chicha, a influencé la cumbia argentine avec la cumbia villera, c'est dire la cumbia des bidonvilles via la diaspora (pauvre) péruvienne installée à Buenos Aires On touve des groupes tels que Pibes Chorros ou Damas Gratis parmi les plus populaires d'Argentine.

La cumbia péruvienne qui fut pendant longtemps méprisé commence à devenir plus respectable. L'anathème s'est en quelque sorte déplacé sur la chicha.

Dès le début des années 90, le mouvement rock sympathisant tiersmondiste (avec par exemple Manu chao ou Los Fabulosos Cadillacs d'Argentine) revisite et revalorise les folklores locaux. C'est bien sûr le cas de la cumbia. Voici une illustration avec la La Colegiala (évoquée plus haut) par le groupe de rock alternatif péruvien La Sarita.
La Sarita - La Colegiala

 

Les années 2000 n'ont pas été en reste. Ainsi en 2008 le groupe péruvien branché Bareto a fait un album remarqué de reprises des classiques de la cumbia avec un petit côté ska. En 2007, le mini label américain Barbès (créé par un Français ce qui explique le nom) a sorti une compilation remarquée "The Roots of Chicha: psychedelic cumbias from Peru". Enfin, en 2009 plusieurs tîtres des "pères de la cumbia péruvienne" Los Destellos sont inclus dans la bande originale du film Fausta, la Teta Asustada, Lion d'Or à Venise et nominé à l'Oscar du meilleur film étranger. Bilan de tout ça: 40 ans après sa création, il est désormais possible de trouver de la cumbia péruvienne chez un disquaire français.

Le dernier épisode de l'aventure cumbia est certainement l'avènement bouillonnant de la neo-cumbia (ou cumbia nueva). Il s'agit de la cumbia revisitée par la culture DJ dans la mouvance "global-ghettotech" avec des DJ comme DJ Taz, Fantasma, El hijo de la cumbia, Fauna, Sonido Martines, Oro11. Une sorte de relecture hype de ce genre snobbé pendant des décennies. Le jeune mouvement n'a pas encore pris au Pérou, mais on voit parfois poindre des remix neo-cumbia de classiques péruviens. Ici, le classique Elsa de Los Destellos par l'argentin Sonido Martines. Excellent!

Pour aller plus loin, quelques articles et blogs que je vous conseille:

Latin but cool, très bons articles sur la neo-cumbia, en anglais. A voir aussi les très bons radiocanalh et le goûter, en français.
La chicha sur l'excellent "Un an au Pérou", en français.

D'autres liens mais en espagnol:

Article très pointu de Jaime Bailon
Grandes de la cumbia peruana
La capital de la cumbia
Article de Peru21
La sélection cumbia-chicha de Amigos de Villa

Cumbia / Chicha sur Apellidosperuanos
Bon Article sur larepublica.pe

La discographie disponible en France se limite à The Roots of Chicha: psychedelic cumbias from Peru qui se concentre sur la cumbia des années 70. Une petite merveille de compilation dont j'ai pris soin de n'inclure aucun titre sur cette page ce qui rend son acquisition encore plus indispensable. Une suite devrait sortir en 2010. Barbès a également sorti un excellent album solo de Juaneco Y su Combo. Ils ont même sorti un disque de chicha made in US sous le nom de Chicha Libre, (un peu comme Dengue fever pour la pop cambodgienne). Ca ne vaut -évidemment - pas les originaux mais leur reprise de l'été indien de Joe Dassin en cumbia péruvienne est sympathique .

Zizek, club de Buenos Aires où est née la Nueva Cumbia

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Publié le 6 Février 2010

Les années 1960: ça démarre fort

De la vague rock qui déferle sur le monde à la fin des années 50, le Pérou n'est bien sûr pas épargné. Les  premiers groupes locaux ne tardent pas à naître à Lima. Les premiers à sortir un album chanté en espagnol sont los Incas Modernos en 1963. Pourtant la vraie naissance du rock péruvien date sans conteste de l'année suivante avec la création d'un groupe majeur: Los Saicos.
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Los Saicos: ne vous fiez pas à leurs gueules d'anges

 

10 ans avant le punk, 10 fois plus sauvage que le garage rock naissant: voilà ce qu'on fait los Saicos en 1964. Une petite révolution dans un rock en espagnol quasi inexistant qui ne produisait à l'époque que des pâles copies des groupes nord-américains. Los Saicos deviennent même 1er des ventes avec un tube improbable dont le titre résume l'effet produit sur la musique péruvienne de l'époque: Demolicion!

 

Los Saicos - Demolicion

Un autre titre bien sauvage parmi leur courte mais impeccable discographie: Fugitivo de Alcatraz.

 

Los Saicos sont le déclencheur et la principale influence de toute une scène rock psychédélique très créative avec los Shain's et los Yorks. On remarque la place prépondérante accordée à la guitare, continuant la tradition de la musique criolla. En même temps la Nova Ola (nouvelle vague), une scène de ballade rock édulcorée se développe en Amérique latine. Elle est influencé par les boleros (populaires dans la musique criolla) et la chanson italienne (via la communauté italienne d'Argentine). Les représentant péruvien sont los Doltons.

 

Los_Shains.jpgLos Shain's

 

Los Shain's - El Monstruo. Le leader de ce groupe formera plus tard Pax, premier groupe de hard rock péruvien

 

Les années 1970-80: de la mise en sourdine à la renaissance

Dans les années 70 le rock connaît un important reflux sous la dictature de Juan Velasco Alvarado. Ce dernier limite considérablement leur accès aux médias et le rock laisse la place à la vieille musique criolla, aux salsa  et cumbia naissantes et aux ballades. Le rock refait surface au début des années 80 porté par le rock progressif et le rock subterráneo (c'est à dire underground). Un groupe clé dans cette résurrection est Frágil, mais qui comme 95% du rock progressif a pris un sacré coup de vieux: Frágil - Av. Larco
 
Un de mes groupes préférés de rock subterráneo: Narcosis - Sucio Policìa.

 

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Narcosis, du très bon punk radical


 

On assiste également à des fusions du rock avec les musiques folkloriques péruviennes. Un des premiers est Polen, un groupe de folk psyché du début des années 1970. De la musique raffinée et aboutie (mais un peu chiante). L'idée est aussi exploitée dans les années 80. Miki Gonzales, issu du rock subterráneo, est un des premiers à intégrer la musique afro-péruvienne dans ses chansons festives et engagées. Par exemple dans Dìmelo dìmelo.

 

Cependant, les fusions les plus réussies proviennent à mon avis de Del Pueblo del Barrio, sans doute un des meilleurs groupes de rock péruvien. Ils injectent cajón afro-péruvien, charango et flûtes andines dans de brillants morceaux rock. Le clip est très sympa en plus.

 

 

Del Pueblo Del Barrio - Orgullo Aymara. Un titre sur "la fierté Aymara", un peuple et une langue amérindiens à cheval sur le Pérou et la Bolivie.
 
 
Et pour conclure sur les années 80, voici un titre qui résume avec humour cette désolante décennie pour le Pérou, marquée par la corruption, le détournement de fonds par tous les Présidents, l'inflation à 3000% et le terrorisme. La chanson reprend la comptine qu'on a également en France "un éléphant qui se balançaient sur une toile d'araignée", remplacée par les terroristes du Sentier lumineux et la clique des hommes politiques de l'époque d'Alan Garcia à Fujimori, se balançant entre des tours électriques (que les terroristes faisaient sauter).

 

Los No se quien y los no se cuantos - las Torres

Les années 1990-00: l'explosion commerciale

Dans les années 90 apparaissent de véritable stars dans le rock péruvien qui s'exportent dans toute l'Amérique latine, tels Mar de Copas et Pedro Suarez Sertiz. Le côté ballade romantique rapproche ces genres de la Nova Ola des années 60-70 mais s'inspire surtout des genres à la mode aux Etats-Unis et en Argentine (les patrons du rock en español) . Ce rock mainstream n'est pas vraiment ma tasse de thé. Je vous  présente quand même un des grands tubes de Pedro Suarez Sertiz, Quand tu penses à revenir. Ce titre est intéressant pour son utilisation discrète des instruments traditionnels péruviens (charango, quenas, cajón) qui montre que la fusion a été en quelque sorte digérée. Mais surtout la chanson parle de la nostalgie des émigrés pour leur terre natale. Un thème qu'on ne risque pas de trouver en France et qui illustre bien l'émigration économique des pauvres et des jeunes hauts-diplômés en quête d'une vie meilleure.
 
Pedro Suarez Sertiz - Cuando pienses en volver


 

La scène alternative se développe en parallèle et copie également tous les genres venus des Etats-Unis ou d'Argentine. Un exemple sympa avec Los Mojarras avec Triciclo Peru. Vous reconnaitrez peut-être les références à la fin de la chanson à la célèbre valse criolla Alma Corazon y Vida. Parmi les autres bons groupes, on peut aussi citer 6 Voltios, Los Fuckin Sombreros, Resplandor ou La Sarita.
 
Je conclue sur le rock péruvien avec un groupe qui a sorti son premier album en 2009 et qui nous livre ici une superbe reprise de Come On, un classique composé par... Los Saicos! La boucle est bouclée.
 
Los Protones & Natasha Luna, "Come On"

 


Quelques autres styles contemporains

Je me suis attardé sur le rock qui a une longue et riche histoire au Pérou mais il existe bien sûr d'autres genres à s'être implantés.
 
Le jazz péruvien commence à se développer dans les années 70 avec notamment Jaime Delgado Aparicio. Un des meilleurs groupe est certainement Perú Jazz qui intègre les influences afro-péruvienne.
 
Perú Jazz - Zapateo (1985) 
 
Je ne m'attarderai pas trop sur le hip-hop puisque j'y avais déjà consacré un billet sur ce blog. Il reste très underground mais il y a quand même une scène dynamique qui se concentre quasi exclusivement à Lima. Mon groupe de loin préféré de rap péruvien est Pedro Mo.
Pedro Mo ft Bantu - En Que Estas, tiré de leur dernier album datant de 2009.
Un autre très bon titre avec un sample de guitare criolla, Cuarto Clavo.
 
 
La salsa fut très populaire au Pérou dans les années 70-80. Quelques groupes locaux furent créés tels que Pepe y su Orchestra, Antonio Cartagena ou Camaguei... Vous pouvez avoir un bon aperçu sur cette page. Le reggaeton fut la seconde grosse vague qui s'est déversé des caraïbes sur les dancefloor péruviens. Les groupes locaux sont los R.E.M Stone, MC Francia ou Los TNT. Regardez par exemple Mira la morena, un remix reggaeton du tube 80s qui intégrait lui même cajón et zampoña!

Pour la musique électro, je vous suggère d'écouter La Mente.

Le grand absent de cet article est la cumbia péruvienne mais le genre est si riche que je préfère lui consacrer un article à part entière...


Pour aller plus loin:

Les sites intéressants sont malheureusement presque tous en espagnol. Pour des infos minimales, j'avais traduit il y a quelques années l'article rock péruvien sur wikipedia, d'ailleurs sans l'écouter...
-Une histoire du rock péruvien en anglais
- Un article sur los saicos en français
-Le blog rock-perú 

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