Publié le 11 Septembre 2013

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Mais Um Disos, le label londonien, déjà derrière l'exportation de Lucas Santtana et du Graveola e o Lixo Polifônico lance dans nos contrées Avante de Siba, un an et demi après sa sortie remarquée au Brésil. Une bonne occasion de revenir sur ce formidable album.

Avante ("en avant") réprésente une nouvelle métamorphose pour Siba, un nouveau saut comme l'indique le morceau emblématique du disque Preparando o salto. Mais pas le premier, tant la carrière de Siba qui s'étale déjà sur deux décennie est marquée par ces changements de direction.

Le premier saut de Siba fut de sortir du microcosme de la fac de musique versé dans le rock pour se lancer à corps perdu dans les musiques locales, à l'époque snobées par la jeunesse de Recife (maracatu de baque solto, côco de roda, ciranda, frevo, cantoria...). Il s'initie à la rabeca, une sorte de violon populaire d'apparence assez rustique et fonde Mestre Ambrósio qui allait devenir un des piliers du mangue-beat naissant. Un mouvement de réappropriation des rythmes du Pernambuco avec le son et l'urgence du rock. Une scène qui plaça cet Etat au coeur de la musique indépendante brésilienne pour ne plus jamais le quitter. Les meilleurs musiciens pernambucanos actuels en sont encore les héritiers. La plupart sont même issus de groupes directement rattachés au mangue-beat: Alessandra Leao (ex-Comadre Fulozinha), Otto (ex-Mundo Livre SA), Lirinha (ex-Cordel do Fogo Encantado) ou le Nação Zumbi, toujours en activité.

Mestre Ambrósio avait un son moins électrique que les autres groupes phares du mangue-beat, Nação Zumbi et Mundo Livre SA. Pour cette raison, il est considéré comme le plus traditionnel de cette scène. Ce n'est qu'un témoignage du préjugé persistant qui associe instruments amplifiés, platines ou pédales d'effets à la modernité et les instruments acoustiques à la tradition. Alors que tous s'inscrivent dans une tradition, à charge pour chaque musicien de dialoguer avec son époque.

 

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Le deuxième saut de Siba a été de quitter Mestre Ambrósio pour s'installer à Nazaré da Mata, une petite ville de province, mais capitale culturelle du maracatu. Ce qui devait être une parenthèse de six mois dura plus de dix ans, le temps de fonder avec des musiciens "amateurs" locaux, coupeurs de cannes à sucre, le Fuloresta do Samba. Un groupe avec lequel Siba démontra en deux albums la puissance poétique et la modernité du maracatu de baque solto, qui n'est ni un genre folklorique figé, ni une musique simpliste qui n'aurait droit de cité qu'à l'époque du carnaval. C'est à cette époque et avec la même ambition artistique que Siba produit les albums de maîtres de samba de côco, ciranda et maracatu restés à l'écart de l'industrie phonographique, réunis au sein de la collection Poetas Da Mata Norte (João Limoeiro, Ze de Teté, João Paulo e Barachinha...).En 2009, Siba lance un album en duo avec Roberto Corrêa où, sans abandonner la rabeca, il revisite les violas caipira et dinamica, ces sortes de guitares très typiques du Nordeste.

C'est vers cette époque que Siba connait une profonde crise existentielle qui aboutit à une reconstruction personnelle - et donc artistique - dont Avante est à la fois le sujet et le fruit. Si son installation à Nazaré da Mata avait accompagné son désir de se vouer au maracatu, son retour en 2011 à São Paulo où il avait déjà vécu 6 ans, prolonge sa recherche d'un nouveau son, d'une nouvelle identité: "Pour faire le saut d'Avante, j'ai dû réunir un peu de toutes ces choses que j'ai été. Des moments distincts de ma vie. Me raconter à nouveau ma propre histoire personnelle, celle que nous construisons jour après jour, que nous collectons, rejetons, oublions, recréons et même inventons. Sans plan, ou n'importe lequel, mais lequel ? Musical, poétique, géographique, littéraire, mystique, rationnel ? (...) là pour la première fois j'ai pensé que je devais réapprendre à écrire et à chanter pour rendre compte de la complexité de ma vie personnelle, avant que je ne perde la voix".

Siba se met "la tête sous la guillotine". Il se met à "rejouer de la guitare, faire un projet électrique dont certains diront qu'il s'agit d'une reniement du passé. Il y a une partie de mon public qui me voit comme un défenseur des racines de la culture populaire et de l'identité du Pernambuco et du Brésil. Mais qu'est ce que je peux faire ? Le risque n'est pas forcément de se nier, mais je crois que l'artiste doit savoir où est l'endroit où il prend des risques, et d'y aller, où que ce soit.

Siba, désormais père et jeune quadragénaire réempoigne la guitare électrique dont il jouait déjà occasionnelement avec Mestre Ambrósio. Il renoue avec sa passion adolescente pour Jimi Hendrix, Jimmy Page et Lemmy. Il approfondit son goût pour la musique africaine moderne, celle des grands orchestres des années 60-70 où la guitare électrique était reine, celle du Bembeya Jazz, du Star Number One de Dakar, du Super Rail Band. Et surtout celle de l'OK Jazz, le plus grand groupe africain moderne mené par le guitariste de génie Franco dont le travail de transformation de la musique cubaine par la guitare électrique sert d'inspiration à Siba, tout comme celle des Congolais contemporains de Konono n°1 et du Kasai Allstars. Une référence africaine de plus en plus prégnante ces dernières années, et qui le rapproche de Kiko Dinucci ou Rodrigo Caçapa, qui signe certains arrangements de l'album.

 

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Siba puise dans ces diverses sources musicales pour se créer son propre son qui est comme chez tout véritable artiste, différent de la somme de ses inspirations. Un nouveau son, et donc un nouveau groupe, composé outre de sa guitare électrique, de batterie, clavier et vibraphone et d'un tuba en guise de basse, comme dans le maracatu. Un genre que Siba ne renie d'ailleurs jamais, tout comme la poésie des cantorias da viola qui restent très présents dans la versification, la construction harmonique des mélodies, les rythmes et les arrangements tout en contrepoints plus qu'en accords plaqués. Le son doit aussi à l'influence du producteur de l'album Fernando Catatau du Cidadão instigado, musicien clé de la scène indé brésilienne. On note aussi la présence sur un titre de Lirinha, autre grand poète-musicien du Pernambuco dont le premier album solo, Lira sorti en 2011, a une démarche assez similaire à celle de Siba.

Il ne faut pas comprendre le son d'Avante comme la modernisation de rythmes traditionnels du Pernambuco par un instrument ou un style, le rock qui serait lui moderne. Siba s'intèresse aux racines mais jamais de manière traditionnaliste. "J'ai toujours essayé d'expliquer la tradition comme le lignage de quelquechose qui s'est construit avec le temps. Pas comme une chose à défendre ou qui représente un drapeau de je ne sais quoi, qu'il soit politique, nationaliste ou régional. La tradition est une chose qu'un groupe de personnes a cultivé pendant un moment, et de là est apparu une diversité. Dans ce sens, le rock'n' roll est autant une tradition que le maracatu."

L'album est comme à l'habitude de Siba, porté par ses superbes paroles qui évoquent toutes la perte de sens, l'errance, la reconstruction portées par des métaphores puissantes, sons sens de la rime et chantées avec sa voix fébrile et intense de chanteur de maracatu. Quand on demande à Siba s'il a "effectué le saut" évoqué dans Preparando o Salto, répond: "Le saut n'a pas besoin d'être fait. Et toi seulement peut le faire, je crois. Ce n'est pas justement sauter, mais avoir le courage de préparer le saut. Ça a plus à voir avec le bord du précipice qu'avoir le saut lui même. A chaque minute tu sautes. Le saut est dans la tête".

Mais Um Discos qui fait les choses bien devrait fournir en ligne une traduction, en anglais des paroles.

 

Avante sort le 30 septembre 2013. Siba sera en concert le 22 octobre 2013 à la Bellevilloise (Paris).

 

 

 *Citations et informations tirées des interviews de Siba données à Ultrapop,  Bol Carnaval et Cenario novo.

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Rédigé par Boeb'is

Publié dans #Brésil, #Chronique

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Publié le 8 Septembre 2013

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Rencontre avec deux des plus doués auteurs-compositeurs-interprètes de leur génération: Rodrigo Campos et Romulo Fróes. Chacun a son univers propre, mais les deux sont réunis par leur amour de la samba, un amour sans vénération qui leur permet de renouveler le genre et de s'aventurer bien au-delà. De Calado, à Bahia Fantastica, jusqu'au dernier né commun, Passo Elétrico, ceux qu'on présente comme la nouvelle génération brésilienne ont déjà une discographie bien remplie. Mais laissons les parler, sur leur oeuvre, leur rapport à la samba, leur projet commun Passo Torto avec Kiko Dinucci et Marcelo Cabral, et de manière générale sur ce qui unit et sépare cette nouvelle génération de musiciens indépendants de São Paulo.

 

L'entretien qui suit est une traduction de l'interview menée par le carioca Marcio Bulk pour Banda desenhada en décembre 2011. Les photos sont de Daryan Dornelles. 

 

 

 

Banda Desenhada –  En interviewant les musiciens de ta génération, j’imaginais rencontrer un discours un minimum accordé, mas j’ai constaté le contraire. Tu le savais quand tu as commencé à écrire sur cette scène ? Que les affinités seraient si faibles et que beaucoup iraient contester l’utilisation de termes comme « scène » ou « génération » ? J’imagine qu’être considéré comme le porte-parole d’un groupe si hétérogène doit être compliqué...

 

Romulo Fróes – Certains considèrent qu’il n’y a pas de scène, d’autres qu’il n’y a pas de génération... Ça irrite beaucoup de personnes, mais je crois que c’est une bêtise. Il y a clairement une génération, apparue il y a dix ans, avec internet et les nouvelles technologies. Tous, pour autant différents qu’ils soient, ont ces points en commun : ils ont appris à gérer leur propre carrière et à enregistrer leurs disques. C’est un trait très fort. De manière évidente, ça me relie à Rodrigo [Campos], à Tulipa [Ruiz], à Mallu [Magalhães]  et à Cidadão Instigado. Bien qu’on fasse des sons totalement différents, la manière d’être connecté à la musique, le studio, les équipements, et l’enregistrement nous unit d’une certaine manière.

En vérité, nous n’avons pas une vision en commun. Pas du tout. En attendant, on s’accorde sur certains points : nous faisons de la musique brésilienne et nous la respectons mais sans payer de tribut. Personne ne recherche la bénédiction de la MPB [Musica popular brasileira] ... cette histoire d’être porte-parole... J’ai déjà été appelé le doyen de la génération (rires). Ou c’est car je suis déjà là depuis assez longtemps. Mon premier disque, j’ai commencé à l’enregistrer en 2000. C’était un désert, une terre dévastée. Il n’existait pas de scène indépendante brésilienne. Je veux dire, il n’y avait pas encore de moyens pour que nos travaux se propagent. Et comme j’ai beaucoup de facilité à discuter et un peu pour écrire, on m’a donné ce rôle, pour beaucoup car je voulais enregistrer ce moment que je considère important.  Mais pas parce que quelqu’un l’avait demandé.

Vraiment, je n’ai jamais eu la prétention d’être le porte-parole de quoi que ce soit. J’ai fait seulement ma part. Je voulais rencontrer mes pairs et parler d’eux. Il y avait Lucas Santtana, Cidadão Instigado... c’était une scène très petite. Moreno [Veloso] venait de lancer le premier disque de +2, Máquina de Escrever Música. Ça a été un point de repère de la nouvelle musique brésilienne, un album très important et personne n’en parlait ! Et bien sûr, avec le temps qui passait et l’apparition d’un million de groupes, journalistes et critiques ont commencé à s’intéresser à cette nouvelle musique. C’est devenu quelque chose. Alors, quand cette scène s’est fortifiée, ma voix n’est plus devenue si importante parce que tout le monde s’est mis à parler des artistes dont je parlais et que personne n’écoutait. Je continue à écrire, par goût, et bien plus de qui j’aime que par nécessité.

Mais clairement, je n’ai jamais choisi ce rôle. Je ne suis le porte-parole d’aucune scène, mais je suis très ok d’en parler, d’écrire sur elle, et dès qu’on m’invite, je parle. Maintenant, personne ne m’a autorisé à parler pour personne. Mais s’il existe une personne qui connait et qui comprend ce qu’est ce moment de la musique brésilienne, c’est moi. Parce que je le vis. Je connais les angoisses que traversent les artistes de ma génération. Alors, pourquoi ne pas écrire ?

 

BD – Le problème, j’imagine, c’est que la prédisposition à parler de cette scène a fini par faire que les journalistes se focalisent et te demandent peu à peu ton avis  sur les sujets les plus divers, ce qui a fini par faire de toi, un peu, sans vouloir être péjoratif, le Caetano Veloso de la nouvelle MPB.

Parce que Caetano avait des choses à dire. Je crois qu’il y a un peu de ça, les gens finissent par comprendre qui parle et qui ne parle pas. Et je suis très bavard. J’aime parler, je veux parler, je veux penser. J’apprends beaucoup en parlant. Maintenant, je dois faire très attention à ce que ma musique soit meilleure que mon discours. Parce que si ce que je dis est plus important que ma musique, il y a un problème. Je veux croire que ce n’est pas le cas. Car je crois beaucoup en ma musique. S’il y a quelque chose en laquelle je crois, c’est ma musique et mes disques. Je dis toujours qu’un jour, ils me sauveront. C’est pour ça que je vis en enregistrant, parce là il y a tout ce que je crois, tout ce que j’ai fait jusqu’à aujourd’hui.

Maintenant, je ne vais pas esquiver le fait de parler. Je ne vais pas esquiver discuter. J’aime discuter. Je crois que penser l’œuvre et aussi, sinon plus important, que la faire. C’est ce que je fais et ce que j’ai toujours fait. J’ai un respect pour la discussion mais sans aucun doute, je ne suis le porte-parole de rien.

Et si quelqu’un trouve ça chiant, c’est parce qu’il n’a pas compris. Il y a déjà eu des petites histoires de jalousie, car ils croyaient que je tirais la couverture à moi. Je m’excuse mais ils n’ont pas compris. Au contraire, je ne demande pas le rôle pour moi, je dis seulement à tous une chose que je répète dans toutes les interviews : nous vivons un des moments les plus brillants de la musique brésilienne. J’en suis certain.

 

 BD – Entre-temps, ces derniers mois, ont surgi les premières voix dissonantes. Tu t’attendais à tant de critiques ? Encore plus sur des tons aussi fort que ceux vus sur facebook [Ed Motta a critiqué sévèrement, et au minimum de manière peu éléguante Romulo Froes, Tulipa Ruiz et Hurtmold] et dans les journaux [dans Folha de São Paulo, Álvaro Pereira Júnior a disqualifié totalement les travaux de cette génération, principalement ceux de Thiago Pethit, Criolo et Romulo Froe] ? D’une certaine manière, il semble que la scène indépendante soit devenue mainstream.

Romulo Fróes –Mais pour moi c’est le signe du succès ! J’en suis heureux d’une certaine manière. J’ai trouvé super d’être identifié comme un des trois : moi, Criolo et Thiago [Pethit]. Parce que ça ne me touche pas ! Dire que je fais de la « bossa velha »  ? Qu’est ce que ça signifie ? Explique. Dis, apprend moi! Dit quelque chose sur mon travail « regarde, Romulo, je crois que tu péches là. Peut-être que tu es trop attaché à une certaine tradition.  Car c’est ça qui est sous-entendu dans l’expression « bossa velha ». Clairement, il n’a pas écouté mes disques. D’un point de vue artistique, de critique, ça n’a servi à absolument rien !

Maintenant je suis heureux que nous soyons arrivés là. Parce que le succès ce n’est pas seulement la tendresse que tu reçois, c’est la quantité de coups aussi. Si quelqu’un a pensé que tu mérites un petit coup, c’est que tu l’as dérangé d’une certaine manière. Je viens d’un milieu très lourd, de discussion et de critique, qui est celui des arts plastiques. Là, la musique est un jeu de gosse. J’adorerais que la critique musicale ait un espace plus grand dans les journaux. Ça serait très riche. Je crois que nous apprendrions beaucoup de choses. Maintenant, le gars dit que nous sommes surévalués et que je fais de la « bossa velha » ?! Ça ne veut rien dire. Tu as dit que les premières voix dissonantes sont en train d’apparaitre... c’est parce que les voix consonantes augmentent chaque fois plus. Cette année est très emblématique. La quantité de disques qui sont lancés ! Et des disques bons ! Là, les gars, les gardiens du temple qui sont restés en dehors de l’histoire, commencent à donner de la tête. Il va en apparaitre encore plein. Il y en a encore qui sont cachés. Et je trouve çà super !

 

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BD –Tu penses que ta formation en arts plastiques t’a donné une vision plus conceptuelle de voir cette scène et cette musique ? J’imagine que ça te donne une grande différence au moment de la création. 

Romulo Fróes – J’ai travaillé 16 ans comme assistant de Nuno Ramos. La manière dont je fais de la musique est totalement différente de celle de Rodrigo [Campos], par exemple. Jusqu’aux questions techniques. Je suis incompétent musicalement. Mon atout vient d’autres sujets, d’autres moyens. J’ai besoin de Rodrigo, de Guilherme Held, de Thiago França, de Pedro Ito et de Marcelo Cabral pour donner forme à mes idées. Je me suis toujours rapproché de musiciens incroyables car j’avais besoins de gens capables de traduire ma tête d’arts plastiques, bien plus liée à d’autres questions. Bien qu’ils n’aient pas ma formation, la manière dont ils se connectent à la musique est semblable.

Je crois aussi que d’une certaine manière, et sans fausse modestie, j’ai provoqué un court-circuit dans les personnes avec lesquelles j’ai joué. Je dois avoir changé un peu la manière de jouer de Guilherme, ou la forme dont Rodrigo pense un disque. Cet  échange existe. Quand je rencontre ces personnes, qui ont une sensibilité similaire à la mienne, ça fonctionne. J’ai longtemps été en me sentant comme un plasticien qui voulait faire de la musique. Par exemple, j’ai eu beaucoup de difficultés dans me premiers disques, parce que je jouais avec des gars de choro et ils n’étaient pas d’accord avec mes folies. Ils le faisaient, mais se sentaient gênés.

Quand j’ai connu d’autres types de ma génération qui n’étaient pas liés seulement à la musique mais aussi au cinéma, à la littérature et à autres choses, j’ai senti que finalement, j’avais rencontré ma bande. Je crois que nous avons beaucoup de ça : Tulipa [Ruiz] est dessinatrice, Karina Buhr est actrice et dessine également... Tout le monde est lié à plein de choses. Il y en a qui font des films, d’autres qui écrivent... Il y a ce côté pluriel. C’est même une question de nécessité. Moi, par exemple, j’ai continué à travailler dans les arts plastiques parce que je n’arrivais pas à vivre de la musique. C’est encore très difficile de se maintenir avec une œuvre d’auteur. 

Mais pour revenir à ta question, je crois que les arts plastiques ont beaucoup à voir avec ma musique. Principalement à cause des paroles de Nuno et de Clima, qui sont plasticiens. C’est la partie la plus originale de mon travail. C’est clair qu’il y a un dialogue et une "provocation" entre ma musique et leurs paroles, mais le fait de ne pas être compositeurs mais écrivains, plasticiens, cinéastes, fait qu’ils sont déjà très différents et originaux.

  

BD –Tu peux parler de tes liens avec les musiciens de Rio ? Principalement Nina Becker ?

 Romulo Fróes – C'était un calvaire : je n’aimais personne à São Paulo ! Je n’aimais que les personnes de de Rio (rires).  J’avais cette souffrance. Je trouvais les travaux intéressants, mais sans point d’intersection avec ce que je voulais faire. En compensation, j’adorais +2, Los Hermanos, j’adorais Accabou la Tequila, j’adorais l’Orquestra Imperial, Rubinho Jacobina... je m’identifiais complétement avec la scène de Rio. Je finissais par me dire « si je vivais à Rio, je serais membre de l’Orquestra Imperial [projet qui réunit de nombreux musiciens de la scène indé de Rio]. J’aime +2 ! Ce disque est à moi ! Celui qui n’est pas carioca pour moi. C’est ok, car il a quelque chose de carioca (rires). Mais j’adorerais avoir fait cet album [Máquina de Escrever Música].

Je crois que je me suis rapproché d’eux, comme je me rapproche de tout le monde, pas parce qu’ils sont de Rio ou de São Paulo mais parce que ce sont des musiciens avec lesquels je m’identifie. J’étais derrière même. Je ne m’intéresse plus trop à ça. Et Nina! Je peux dire sans l’ombre d’un doute que ça a été la personne qui a le mieux enregistré un de mes morceaux jusqu’à aujourd’hui. Sa version de «flor vermelha »... elle l’a transformé en autre chose ! La chanson était une samba beaucoup plus carré. J’ai beaucoup d’admiration pour elle et je comprends parfaitement questionnements et le chemin qu’elle prend. Et là, j’ai réussi à rejoindre un label, YB où beaucoup de ces personnes passent, dont elle. Je l’ai connu là. Ca a été un moment naturel. J’écoute déjà son nouveau disque. C’est beau ! Je suis très honoré qu’elle fasse partie de mon travail.

 

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BD – C’est incroyable comment vous deux vous combinez. J’ai déjà entendu plusieurs personnes dire que ça serait incroyable si Nina enregistrait un album seulement avec tes compositions.

 Romulo Fróes – [rires] [embarassé]. Ca serait être la gloire ! Son disque, si rien ne change, va avoir un partenariat entre nous, et un autre entre Nuno [Ramos] et elle. Mais reste à savoir, parce que d’ici que ça sorte il peut se passer des choses. Mais je suis très heureux d’être là à nouveau, d’une certaine manière.

 

 BD – Et  “Passo torto”? Comment est venue cette idée?

Romulo Fróes – Le premier moment ? Le Big Bang? 

Rodrigo Campos – Moi et Romulo, on composaient déjà ensemble.

Romulo Fróes – Et toi aussi tu composais avec Kiko.

Rodrigo Campos – Et là Romulo a envoyé un email nous appelant tous les trois pour composer ensemble.

Romulo Fróes –Mec... Je suis pas sûr pas Rodrigo...

Rodrigo Campos – Bien, je vous ai rapproché.

Romulo Fróes – C’est ça! Tu as été le pont entre moi et Kiko. Tu m’as appelé pour passer dans Pelas Tabelas non ? [Émission de Canal Brasil sur la scène brésilienne contemporaine]. Qui était avec toi et lui. Si bien que là, il y avait déjà une association entre moi et Kiko, mais tu en étais responsable. Seulement je ne sais pas qui a eu l’idée de faire quelque chose ensemble.

 Rodrigo Campos – Ca a été assez naturel. Mais je pense que ça a été toi. C’est Romulo qui a décroché le label YB pour qu’on enregistre le disque.

Romulo Fróes – Mais l’idée de  “Passo Torto” est antérieure! On a commencé à faire des concerts. Je crois qu’il y a eu un concert ...

 

BD – (rires). Mais vous ne savez pas comment a commencé le projet ?! 

 Romulo Fróes – C’est qu’on a commencé de la manière suivante, : « en y allant »... (rires). Le truc a commencé comme ça : je suis allé à un concert de Rodrigo Campos. Ils disaient que le mec était dément, que « São Mateus » était dément. Là, j’ai été jaloux et je suis allé voir si c’était vrai. Car c’était l’année même de la sortie de mon disque. Là j’ai vu que c’était encore mieux que ce qu’ils disaient. Et je l’ai suivi et on est devenus très proches. Rodrigo était déjà connu de Kiko à cause de Ó do Borogodó qui est une maison de samba traditionnelle de São Paulo. Bien sûr, je savais qui était Kiko Dinucci. Il est très célèbre à São Paulo, et les soirées qu’il faisait à “Ó” étaient très populaires. Et là, naturellement, un jour, Kiko est venu me voir et a dit : « j’ai fait un truc qui ressemble à ce que tu fais ». Et quand on a vu, il s’était formé un noyau. On a donc préparé un concert pour la Casa de Francisca. Un peu pour distinguer notre nouvel ADN, car nous trois faisons des expérimentations avec la samba, d’une forme non traditionnelle. C’est clair qu’il y a une proximité entre nos travaux, mais aussi beaucoup de différences. Et nous avons fait un concert pour voir si ça fonctionnait.

Rodrigo Campos – Mais nous avions peu de morceaux, tu te souviens? Je faisais un petit morceau, j’appelais Romulo et après Kiko. A la fin, on jouait tous les trois ensembles. Chacun avec trois ou quatre musiciens. Peu à peu, on s’est mis à composer, jusqu’à ce que le concert ne comprenne que des collaborations entre nous.

Romulo Fróes – Les concerts se sont enchainés et on a donc décidé que le disque n’aurait que nos compositions. Et là, comme j’ai ce canal dans YB. Ils ont l’habitude de dire, en blaguant, que j’ai une filiale dans le label parce que je suis très ami de Maurício  [Tagliari, propriétaire de YB Music] et qu’il me fait très confiance. Tout le temps, je lui indique des artistes pour qu’il écoute et voir s’il veut les lancer. J’ai donc parlé du projet à Mauricio qui a été d’accord. Sa présence a été très importante pour nous, jusqu’à pour avoir fait venir le bassiste Marcelo Cabral, qui était déjà dans la bande. Et là Passo Torto s’est formé comme ça : la guitare de Kiko, le cavaquinho de Rodrigo, ma voix et la contrebasse de Marcelo qui faisait le lien.

 

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BD – J’ai beacoup entendu que Passo Torto était basé sur la samba de São Paulo.

Rodrigo Campos – Ce qui s’est passé c’est que moi, Romulo et Kiko avons une relation très étroite avec la samba. J’ai grandi à São Mateus, écoutant de la samba et apprenant à en jouer. Kiko a joué pendant 4 ans dans Ó do Borogodó qui est un bar de samba. Romulo, pour sa part est amoureux de Nelson Cavaquinho.... La samba est en nous, mais pas d’une façon traditionnelle, est elle diluée comme référence. Seulement, ça a fini par renforcer cette image de sambista dans nos carrières.

Romulo Fróes – J’ai fait un double album pour me libérer de ça [rires]. Ils ont dit que j’étais un sambiste indie ! Je crois que Bahia Fantástica va te libérer un peu de ça. Si tu veux en être libéré. Car c’est étrange. On n’a aucun problème avec la samba. On l’adore même. Kiko Dinucci est diplômé en samba de São Paulo ! Il connait les origines, il connait tout ! Mais il avait un groupe de punk !

Rodrigo Campos – Notre relation avec la samba n’est pas une relation d’un amour d’un sambiste traditionnel qui défend la samba et ses racines à tout prix

Rômulo Fróes – Amoureux dans le sens plus profond, non?

Rodrigo Campos – Amoureux dans le sens de que tu peux aussi la laisser de côté et prendre un autre chemin. Un amour plus dynamique, tu vois ? On n’a pas besoin de s’agenouiller aux pieds de la samba et de déclamer notre amour. C’est cette relation que je cherche à avoir, sans cette réverence absolue. Pas seulement avec la samba mais aussi avec toute la musique brésilienne. C’est un trait de notre génération, d’utiliser la référence de la musique populaire mais sans la révérence qui fait que tu ne peux ni composer ni créer.

Je pense que les générations qui nous ont précédés avaient des vrais problèmes pour être venus après Chico Buarque et Caetano Veloso. Je crois que notre marque de fabrique c’est de ne pas avoir cette peur. Je ne veux pas dire qu’on est de leur importance. Je les trouve infinis, mais je n’ai pas de problème à composer et dire que je fais autre chose, sans être obligé de suivre leurs pas. Nous coupons un lien, qui fait qu’on a eu cette indépendance pour produire ce que nous voulons sans continuer à simplement suivre la tradition de la musique brésilienne. 

Romulo Fróes – Et on a coupé mais sans couper l’admiration. Sans avoir à nier. Comment je pourrais nier Tom Jobim ? Comment je pourrais nier Caetano Veloso ?  Seulement si j’étais idiot ! Maintenant, je suis dans ma voie, je crée, ils sont tous des références pour moi mais sans cette ombre. 

 

 

BD – Rodrigo, bien qu’étant de São Paulo, j’ai lu que tu as une relation très étroite avec la samba de Rio. Pourquoi? 

Rodrigo Campos – En matière de samba, São Mateus c'est comme si c’était un quartier carioca à São Paulo. Le Quinteto em Branco e Preto est de lá et accompagne beaucoup d’artistes importants. Il y a aussi la samba du Bar du Timaia... Beth Carvalho y va beaucoup. Il existe une tradition de samba dans le quartier, une tradition liée à Cartola, Candeia et pas à [Paulo] Vanzolini ou à Adoniran [Barbosa]. J’ai grandi là et depuis que je suis gamin j’entendais beaucoup de sambas cariocas dans les rondes. Ils jouaient le Fundo de Quintal, Zeca Pagodinho... Maintenant, pour la samba paulista, ça a commencé quand je me suis mis à composer sur São Paulo, sur São Mateus. Là est venue la samba paulista, mais avec des références carioca dans la structure.

Mais même comme ça, j’ai pris mes distances avec elle pour insérer des élements extérieures à la chanson. J’ai appellé plusieurs personnes pour produire mon premier disque: Beto Villares, Gui Amabis, Antonio Pinto, Benjamin Taubkin, Missionário José, Gustavo Lenza... Pour tenter de casser cette référence et rendre ma musique plus paulista. La samba est dans le disque, elle est dans mes compositions, mais elle est toujours constituée d’autres choses. J’ai une chanson qui s’appelle « cavaquinho » qui parle de samba, mais c’est une valse.

Donc, je ne suis pas limité seulement à ce genre. J’ai déjà tout écouté dans la musique brésilienne. Je crois que d’une certaine manière, ma samba était déjà imprégnée de choses extérieures à elle. Donc emmener des gars qui composent pour le cinéma, comme Beto Villares et Antônio Pinto a été plus une façon d’agréger d’autres informations à mon son. C’est marrant comment les personnes me voient, car je ne me vois pas de cette manière, comme un sambista. C’est parce que je joue du cavaquinho,que j’ai accompagné plusieurs chanteurs au cavaquinho. Tu me vois comme un musicien mais pour moi, la musique est beaucoup plus une expérience empirique qu’autre chose. Une chose que je tiens de l’enfance, c’est de marquer le rythme. C’est clair que j’ai étudié et que je me suis professionnalisé, mais ce mouvement vient de mes jeux d’enfant. Il transcende la question musicale. C’est une expérience, du vécu.

 

BD – L’album São Mateus Não É Um Lugar Assim Tão Longe» est bien « climatique ». A certains moments, ça m’a rappelé le Clube da Esquina. Il y avait cette intention ?

Rodrigo Campos – En aucune façon. S’il y a une similitude, ça s’est passé de manière spontanée. Peut-être qu’un des producteurs du disque avait cette influence de manière plus explicite, Benjamin Taubkin par exemple qui a produit la piste « Para onde vão os meninos de São Mateus?". Je n’ai jamais beaucoup écouté Milton [Nascimiento], pas parce que je n’aime pas, mais car je le trouve très profond, au point de me déranger. Ca crée une espèce de nostalgie de quelque chose que je n’ai pas vécu ou que je ne connais pas. C’est assez perturbant (rires).

 

BD – Luisa Maita, en plus d’être ton épouse, parait avoir une importance très grande dans ton travail. Comment se passe cette intégration ? 

Rodrigo Campos – Moi et Luisa avons commencé ensemble et je crois que la plus grande contribution que nous nous faisons a été de toujours croire l’un en l’autre. D’un point de vue musical, nous nous identifions assez, sans aucun doute, au point que ce partenariat se détache à certains moments, mais je crois que nous avons des travaux différents et la relation amoureuse ne fonctionne que grâce à cette indépendance.

 

BD – Et le nouvel album, Bahia Fantástica ? J’ai vu une vidéo de l’enregistrement avec la participation de Luiza e et j’ai lu que l’album allait avoir une sonorité noire, avec plusieurs facettes. 

Rodrigo Campos – Cet album a différents éléments qui se rejoignent dans une tentative de parler de l’incompréhension. Car il parle de Bahia qui est fantasmée, qui n’est pas géographique. Et cette Bahia Fantástica à certains moments vient comme métaphore pour certaines questions incompréhensibles pour moi. Par exemple, la mort. Les chansons approchent la mort tout le temps, de manière métaphorique. Et cette relation vient beaucoup du côté mystique de Bahia, d’une religiosité profonde. J’identifie ça en tout cas.

L’album est venu un peu de cette confrontation que je n’avais jamais, de penser qu’un jour j’allais mourir. Je crois que je n’ai pas eu cette crise d’adolescence et que je l’ai maintenant (rires). En disant ça, ça semble un peu prétentieux, mais c’est très simple. C’est simplement l’expérience d’un type qui s’est confronté à cette question et a voulu faire de la musique. E le truc d’utiliser Bahia comme métaphore est venu quand j’étais là, et que je restais dans un hôtel qui a été la maison de Vinicius de Moraes. Je suis resté là logé pour 10 jours dans sa chambre, qui n’a pas bougé, à Itapoã.

Quand j’ai commencé à composer des morceaux sur Bahia, j’ai essayé de comprendre ce que je voulais vraiment dire avec ça. Parce que Bahia symbolise tant de chose pour moi et pour la musique brésilienne. Il y a la question du syncrétisme religieuse, du métissage... La musique peut être festive, mais possède un lien fort avec le candomblé, avec le sacré et le profane. Et là, j’ai décidé de chercher dans la soul quelques autres références. Je vois dedans un peu de ces questions, de l’expérience religieuse. D’une manière très subtile, j’ai voulu l’emmener dans mon son. Mais ça a été seulement durant le premier moment, car durant l’enregistrement, d’autres idées sont apparues.

Romulo Fróes : Rodrigo fait une chose génial dans ce disque, qui est de réunir un groupe avec beaucoup d’idées différentes et d'opinions propres sur la musique. Alors, il s’est passé une chose génial durant les répétitions : certains chansons se sont transformées en afrobeat... ils voulaient que ce soit afrobeat. Et au lieu de se donner à elles, nous l’avons fui. Ou alors « Cette musique veut être un axé ! Ah beleza, alors jouons axé ! Voilà ! C’est très riche ce mouvement esthétique et ça nous tire. Le disque parle de la mort mais tu n’arrêtes pas de danser. Il ne va jamais dans des directions évidentes. Et il y a encore le fait d’être un album où un gars de la banlieue de São Paulo se décide à parler de Bahia ! C’est une confusion si grande que ça va bien donner. Ca a déjà bien donné. Et ce disque, cette liberté artistique, dit beaucoup sur lui et sur nous.

 

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BD – Il existe un point commun entre les musiciens de ta génération qui est très intéressant : l’aplatissement des références et des genres. Beaucoup d’artistes s’approprient des musiques dites populaires avec un respect inimaginable, différent de ceux des temps passés qui se comportaient comme s’ils sauvaient ces morceaux considérés de mauvaise qualité et les mettaient dans la niche de la haute culture

Romulo Fróes – C’est le comportement de Caetano Veloso. Ca ne fonctionne plus. Même avec lui ! Quand il a chanté « Um tapinha não dói », déjà il n’a pas eu toute cette répercussion.  A un certain moment, Caetano a du dire « je trouve Vicente Celestino génial ». Et là, il a ré-enregistré « Coração materno »! Ca a un contenu politique. Quand il a enregistré Odair José, ce fut un affront ! Aujourd’hui il n’y a plus rien de ça. Kassin compose à la guitare électrique et loue Chimbinah, Iara [renno] et Thalma [de Freitas] aiment aussi Gaby Amarantos. Elles ont composé une musique pour elle. Ce n’est pas pour faire parler ! Tout le monde s’en fout. Le Brésil est très pluriel.

 

BD – Il n’y a plus de frontières aussi distinctes entre une supposée musique sophistiquée et la musique plus populaire.

Romulo Fróes – Et qui a ce sentiment, qui dit encore « je fais une musique sophistiquée », fait une musique de merde. J’en suis certain. Les personnes qui prononcent cette phrase aujourd’hui sont les personnes avec des préjugées, en retard. Ce sont les héritiers de Tom Jobim, qui est le plus grand génie qui est passé sur cette terre. Mais ses enfants sont cons ! Ils pensent qu’ils portent son héritage. Mais s’ils savaient, ils feraient totalement le contraire. Tom Jobim est l’opposé de tout ça, du « je fais une musique sofistiquée ». Il disait qu’il faisait des petites sambas ! Insensatez est une simple petite samba pour lui ! Et c’est le morceau le plus sophistiquée qui est passé sur la face de la terre. Maintenant, d’un autre côté, ce n’est pas que cette génération aime tout. Je n’aime pas le tecnobrega par exemple. Mais je comprends qu'on aime.

 

Le tabou est terminé, terminé l’adoration, tout est terminé. On s'est fait baisé non ? Ma génération a dû apprendre à produire, à enregistrer les disques... On a du inventer un nouveau marché... Tu crois qu’on a le temps de rester dans ce doute ? Si on doit adorer ou renier ? Qui va-t-on nier ? On va nier la MPB, mec ? Mais tu peux en être sûr, au milieu de tout ça, nous faisons une musique forte qui ne doit rien à la musique brésilienne. Ni meilleure, ni pire. Une musique bonne, sophistiquée (rires).

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Rédigé par Boeb'is

Publié dans #Brésil

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