Dimanche 16 mars 2008
Je trouve ça toujours assez fascinant de voir comment des vieilles chansons traditionnelles telles House Of The Rising Sun peuvent traverser le temps. Comme un fil conducteur à travers la musique populaire occidentale. On change le packaging et hop c'est reparti pour un tube tout fringant dans ses nouveaux habits. Je vais pas vous faire tout l'historique de la chanson (wikipédia est là pour ça), mais rapidement quand même, on peut mentionner que personne ne sait exactement de quand date la chanson. L'hypothèse la plus plausible est celle de l'immense folkloriste Alan Lomax. La mélodie viendrait d'une chanson traditionnelle anglaise de la fin du XIX et les paroles d'un couple du Kentucky.

Au delà du plaisir d'écouter ce standard assaisonné à toutes les sauces, ce genre d'exercice montre la continuité surprenante de notre musique populaire. Jazz, folk, rock, blues, metal, disco... ne se différencient finalement presque que par les arrangements.

On peut distinguer plusieurs phases dans l'histoire de la chanson. La première phase est celle des enregistrements des années 30-40 avec notamment ceux de Leadbelly et de Woody Guthrie, peut-être les deux plus grandes légendes du folk. Il y a eu des enregistrements antérieurs, notamment de Roy Acuff mais je n'ai pas réussi à les trouver.
les paroles sont les même mais avec une mélodie assez différente de celle des versions plus récentes.

La version de Woody Guthrie de 1941

La version de Leadbelly, intitulée In New Orleans.

La deuxième phase commence au début des années 60 avec les reprises successives de Joan Baez, Nina Simone et Bob Dylan. Personnelement c'est la période que je préfère.


Version de Joan Baez en 1960 sur son premier album.


Version de Bob Dylan en 1962, également sur son premier album. Ma préférée de toutes.


Version de Nina Simone en 1961 sur Nina at the village gate puis plus tard en 1967.

La troisième phase commence de l'autre côté de l'Atlantique avec le carton international de la version des Animals en 1964. La quasi totalité des reprises successives s'en inspireront, notamment des arpèges et de la partie de l'orgue. Elle a été décrite comme le premier hit folk-rock. C'est surtout un des premiers tubes de la "british invasion" qui marque la fin des années 60.


Les versions qui s'en inspirent sont légion et pas toutes très inspirées. On trouve une version psyché des Frijid Pink de 1970, qui cartonna aussi. Un peu lourdingue.
Frijid Pink - House of the Rising Sun

De la même époque, on peut aussi trouver une version de Led Zeppelin et une instrumentale de Jimi Hendrix, mais aussi des Beatles, des Doors etc. Ces reprises rock n'ont en général rien de très original et se poursuivent jusqu'à aujourd'hui. La liste est quasi infinie. La pire version que j'ai pu écouté est celle de Muse, fidèles à eux même.

Si on s'éloigne des pays anglo-saxons, on peut trouver quelques versions sympatoches.
Johnny Hallyday a tenté le coup en français avec Le Pénitencier, en changeant le sens des paroles. J'aurais aimé cracher sur Johnny mais sa reprise n'est pas si nulle que ça, notamment par rapport au reste de sa discographie. Il l'a d'ailleurs aussi chanté en allemand.


Chiaki Naomi, une diva japonaise l'a chanté en traduisant aussi les paroles, sous le nom d'Asahi-no Ataru Ie.. En russe, une version bien soupe par Vadim Kosogorov.

Dans les reprises récentes qui sortent du copier/coller, on trouve la version reggae de Gregory Isaac; très sympa; et une version soul-rap par Wyclef Jean.

Sources: Wikipédia - Un site russe offrant 250 versions (!) en téléchargement.
par Boeb'is publié dans : Transversal
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