23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 22:34
S'il y a quelque chose que je trouve vraiment saugrenu, c'est le mépris persistant pour les musiques de danse de la part des passionnés de musique. Faites un tour des tops de musique pointus, qu'ils soient orientés hip-hop, indie ou musiques du monde, vous ne trouverez aucun album destiné à faire danser (mis à part les tops de DJ cela va de soit). On dirait qu'il y a toujours une part de ce préjugé idiot qui voudrait que la musique profonde s'écoute sagement assis. Le terme "festif, accolé à la musique devient une insulte et synonyme de musique légère et passagère. Le groove, oui ça c'est bien, mais la fête oulala! de la tecktonik tant qu'on y est?

Mais quelle erreur jeune padawan de la hype! Tous les styles que tu écoutes avec ferveur sont nés dans les bals, dans les cabarets, dans les clubs, dans les soundsystems! La valse et le musette ça se dansait! Et le jazz, le rock, le funk, le hip-hop, l'electro ce sont des musiques qui ont été créées sur des pistes de danse non? Certes après, ils s'en sont souvent éloignés parce que certains les trouvaient plus respectables avec un message politico-philosophique, des arrangements complexes, un orchestre symphonique ou je ne sais quelle autre kitcherie arty. Et aujourd'hui, le public d'un concert de musique populaire hoche de la tête en tapant gentiment du pied le cul sur une chaise...

On veut même nous faire croire que les chansons qui parlent de sexe et de séduction sont creuses ou vulgaires. Mais c'est la vie! Balancez moi à la poubelle les complaintes d'ados dépressifs, les odes aux elfes cosmiques et les hymnes pour la paix dans le monde. Mettez-y aussi ces cochonneries indie téléchargées après le 8.3 attribué par Pitchfork. Je vous vois derrière votre écran, vous vous ennuyez sans même vous en rendre compte. Allez, montez le son et tant pis si vos collègues découvrent que vous faites sembler de travailler depuis une heure.

 



J'ai limité la playlist aux titres postérieurs aux années 60, les styles antérieurs aussi passionant et dansant qu'ils soient (mambo, cumbia, musette, tango, valse etc.) ont un tempo plus lent et moins marqué qui les rend peu propice à la danse pour ceux qui comme moi ne savent pas danser mais ne s'en privent pas pour autant. Ci-dessous, quelques un des albums dont est constitué la playlist avec une domination par KO du label Soundway. J'ai vraiment mis les chansons sur lesquelles j'aime danser sans essayer de mettre des titres rares.



Colombia! - The Golden Years Of Disco Fuentes
Rio Baile Funk - Favela Booty Beats
Ghana Soundz, Afro-beat, funk and fusion in 70's Ghana


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Calle 13 - Residante o visitante (reggaeton)
Tumbélé! Biguine, afro & latin sounds from the French Caribbean
Panama! Latin, Calypso and Funk on the Isthmus 1965-75


Et aussi mais j'ai la flemme de mettre les pochettes: un merengue Oro Solido, Premier Gaou de Magic System, un titre de Kuduro, du dancehall de Admiral T, une salsa colombienne de Fruko...


Et pour ceux qui ont pris l'introduction trop au sérieux, un article qui explique pourquoi la "ghettotech" et au fond cette playlist est simplement la nouvelle mue de l'éternelle hype - mais j'y reviendrai prochainement.


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Published by Boeb'is - dans Transversal
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Boebis 24/02/2010


Tes raisons sur les préjugés sont très convaincantes. Après je ne crois pas pour autant qu'il y ait besoin de s'affranchir du côté dansant pour créer des Oeuvres. Des oeuvres contemplatives, oui,
mais on peut avoir des oeuvres dans le sens noble du terme qui soient dansantes. En tout cas ça se défend. Je suis très heureux que des grands artistes aient tirées des oeuvres complexes et
ambitieuses de genre populaires dansant mais ça ne justifie pas de considérer les oeuvres populaires dansantes comme inférieures. Surtout qu'en général on stigmatise les genres dansants actuels
tout en redécouvrant les genres dansants du passé qui avaient été snobbés par la critique pointue 2 décennies plus tôt.

Ca me fait penser à certains genres ultra populaires de pays pauvres. Le baile funk, le kuduro, la cumbia etc. qui sont là bas considérés comme de la musique de ploucs. Quelqu'un éduqué du pays en
question n'avouera jamais qu'il écoute ça. C'est comme la tecktonik, claude françois ou le zouk ici. Par contre, un jeune hypster occidental qui ne connait rien n'a pas ces préjugés adorera ces
styles. Il snobbera peut être les genres équivalents de son pays, mais il sera au contraire fasciné par l'image populaire de ces styles. Le beauf non, le ghetto oui.

Je m'écarte un peu du sujet mais c'est un détour pour dire que le préjugé sur les musiques dansantes vient aussi à mon avis sur des préjugés sociaux. Parfois ce n'est pas la musique en elle même
mais l'image qu'elle véhicule qui nous rebute.

Et sinon, au fond, je ne crois pas non plus que la musique populaire dansante soit du même niveau que la "grande musique" du type Beethoven ou Astor Piazzolla. (même si par exemple en Afrique de
l'ouest ou dans des pays arabes, la Grande musique peut être dansante. Par exemple des musiques de transe ne sont probablement pas moins profondes que celle de Bach même si il n'y a pas forcémeent
l'idée d'oeuvre). Mais les musiques populaires de danse sont certainement aussi profondes que toute la musique populaire indé ou de manière générale les musiques haut-de-gamme respectable. Pour un
Charles Mingus, on a plétore de jazzmen qui nous font pas danser et en plus ne sont pas des génies. Et pareil pour le rock et tout le reste. Tout à l'heure j'écoutais The Breaks the Kurtis Blow, et
bien ça vaut bien 100 albums d'asbtrack hip hop ou de hip-hop conscient!


G.T. 25/02/2010


BOEBIS : En effet, il existe un cycle assez systématique, avec une musique de danse méprisée par l'élite au départ, qui gagne ses
lettres de noblesses en s'affranchissant de la danse et en devenant "musique pure", ce qui, a posteriori, fait que l'on reconsidère les musiques de danse du départ (swing, rock 50's, techno...)
puisqu'elles sont la base de ce qui est devenu un style "légitime"...


Thierry 01/04/2010



Très belle playlist ! J'en salive d'avance. Je l'écouterai demain au boulot ;-)


Et vive le rythme, tout simplement !



Thierry 01/04/2010



Je viens de lancer The Breaks, de Kurtis Blow.


Très bon ! Je ne connaissais pas.


"Les merdes indies notées à 8.3 par Pitchfork", j'adore la pique. C'est vrai que j'ai perdu pas mal de temps d'écoute à cause de ces notes toutes pourries. Je m'en détache de + en +...



Boeb'is 02/04/2010



J'espère qu'elle te plaira. Et pour pitchfork, la pique est sincère dans le sens où leurs disques préférés m'ennuient très souvent même si j'irai pas à dire que c'est nul, mais leur bon goût
m'ennui... Mais je suis quand même un adepte fervent de leur critique Joe Tangari (qui a notamment pondu une compilation de musique africaine en 7 volume (Africa 100) qui est vraiment
exceptionnelle).



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