Thiago França, free-sambista

Publié le 28 Mai 2013

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Thiago França est un passionnant saxophoniste, actuellement un des grands noms de la nouvelle scène musicale de São Paulo en plein effervescence. Une musicien qui s'inspire de tous les styles qui me font vibrer et s'en sert comme point de départ pour imaginer une musique que je n'aurais pas su rêver.

Avant de vous proposer très prochainement une traduction d’une longue interview qu’il a donné à Banda desenhada, une petite présentation factuelle et biographique du musicien s’impose. 

Si son nom résonne aujourd'hui avec São Paulo, Thiago França est originaire du Minas Gerais. Il a grandi dans une famille comportant de nombreux musiciens et a appris le saxophone à 11 ans. Il se forme principalement en écoutant les grands jazzmen américains: Archie Shepp, Branford Marsalis, Charlie Parker, John Coltrane, puis se passionne pour Chico Buarque et Elis Regina tout en découvrant le rap avec le groupe brésilien Racionais MC's.

Après un passage à la fac pour étudier la musique guère concluant, il se forme de manière assez classique pour un musicien brésilien en jouant dans les «rodas de choro » et lors des bals brésiliens (gafieira) où se perpétue le répertoire aujourd’hui consacré des genres les plus universels de la musique brésilienne, le samba et le choro. A cette époque, il joue notamment au sein du groupe Copo Lagoinha. Il partage la scène avec des légendes de la samba, tels que Nelson Sargento, Beth Carvalho et Roberto Silva.


Trois albums sont les fruits de cette première période artistique. Tout d’abord deux albums que Thiago França arrange et produit, Berço do samba de São Mateus (2007) et surtout Olha quem chega (2008) d’une très grande dame de la samba de São Paulo, Donah Inah. L’année suivante, il sort son premier album Na Gafieira dans lequel il offre sa lecture personnelle et d’une grande fraîcheur du samba-choro, accompagné de Zé da Velha, Silvério Pontes, Alessandro Penezzi et du Quinteto em Branco e Preto.

A partir de de cette époque, il s’émancipe de ces racines samba-choro et laisse apparaître dans son travail d’autres influences qui n'affleuraient alors qu'en filigrane:  musiques des religions afro-brésilienne, musiques africaines, afrobeat et ethiojazz en têtes et jazz. Thiago França s’associe dans divers projets avec la crème de São Paulo qui se constitue en véritable scène. Kiko Dinucci, Romulo Fróes, Rodrigo Campos, Juçara Marçal et Marcelo Cabral deviennent ses partenaires privilégiés pour approfondir ses recherches musicales. Outre le saxophone, il s’essaie aussi à la flute et l’EWI.


Il fonde ainsi Metá Metá en 2008 avec Juçara Marçal et Kiko Dinucci qui a une dimension spirituelle marquée avec de nombreux titres dédiés aux orixas, les divinités du candomblé et de l’umbanda. En 2009 il crée Sambanzo avec le même Kiko Dinucci, Marcelo Cabral, et aux percussions Samba Sam et Welington Moreira “Pimpa”, un projet instrumental marqué toujours sous le signe des musiques afro-brésilienne, afro-beat, cubaine et ethiojazz dans un esprit plus immédiat et dansant. Et en 2010, il initie le projet MarginalS avec Marcelo Cabral et Tony Gordin dans laquelle il nous donne à voir une facette plus jazz et expérimentale sans jamais renier le groove et la générosité.

Outre un premier EP de Sambanzo en 2010 et son travail d’arrangeur sur l’abum Na boca dos outros où plusieurs artistes interprètent des chansons de Kiko Dinucci, tous ces projets ne sont enregistrés qu’à partir de 2011 et ammorce un début de reconnaissance qui ne devrait pas s'arrêter. 

A côté de ces groupes dans lesquels il a un rôle moteur, on retrouve Thiago França dans une grande partie des projets les plus passionnants de la scène de São Paulo, sur scène ou en studio. Il est ainsi aux côtés de Romulos Froes (Um labirinto em cada pé), de Rodrigo Campos (Bahia Fantastica), de Gui Amabis (Memórias luso-africanas) et CéU et des rappeurs Lurdez da Luz et surtout de Criolo (No Na Orelha) pour lequel il signe des arrangements et qu’il a accompagné dans sa tournée jusqu’à Paris.

Pour découvrir l'oeuvre déjà importante, cohérente et très variée de Thiago França, quelques pistes, en commençant par les travaux les plus significatifs qu'on trouve tous en téléchargement gratuit sur les sites de Thiago França et Kiko Dinucci.

-Meta Meta (2011) et MetaL Metal (2012).

-Le projet Sambanzo, avec un EP (2010) et surtout l’album Etiopia (2012).

-Cinq albums des MarginalS, résultant chacun de session d’improvisation dont 3 lives à l'espace Soma+ sortis en 2013 avec des invités différents à chaque fois.

-Des aperçus de son projet, très marqué par la cumbia mais qui n’a pas encore fait l’objet d’un album: A Espetacular Charanga do França.

-Deux mini albums de début 2013, une session d'impro avec Kiko Dinucci (funfun sessions) et une autre à Dada Radio (Dada Radio sessions).

-Les Incursions dans le rap aux côté de MC Sombra, Lurdez da luz, et Criolo (No Na Orelha).

-Ses premiers projets enregistrés, Na Gafiera (2009) et l’album de Dona Inah (2008).

 

 

Sur Thiago França, je vous invite à dévouvrir, outre en portugais des infos biographiques sur Brasil247 et Dicionario MPB, l'interview par Marcio Bulk, quelques beaux textes en français d'Olivier Cathus  sur Sambanzo, ou Meta Meta. Ce dernier a aussi traduits les passionnantes interviews de Kiko Dinucci et Juçara Marçal de Marcio Bulk pour Banda desenhada. Et bien sûr la traduction de l'interview de Thiago França traduite pour berceuse électrique.

Rédigé par Boeb'is

Publié dans #Brésil

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