Quantcast

Flux rss

  • Flux RSS des articles

Berceuse électrique sur Facebook

images

Danialou-Sagbohan-Record-1-copie-1.jpg

Vietnam

Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /Mars /2010 13:27
Deux albums précieux de Khanh Ly & Trinh Cong Son qui font suite à leur classique paru l'année précédente. Deux excellents albums qui ne sont pas en vente ni en magasin ni en import. Ils sont même très difficiles à trouver en pirate sur le net!

Pour des infos sur ce duo essentiel de la musique vietnamienne, je vous renvoie à mon post précédent sur le chef d'oeuvre Khanh Ly hat cho que huong Viet Nam 1. Par rapport à ce dernier, les albums proposés s'éloignent un peu de la thématique de la guerre et contiennent bien plus de chansons d'amour. On y trouve quelques classiques tels que Ru Em Từng Ngón Xuân Nồng ou Diễm Xưa qui connue un énorme succès au Japon.



khanhly.jpg

cass_hcqh2.jpg

Plus: Un texte de Trinh Cong Son en français qui explique la chanson Diem Xua.

Par Boeb'is - Publié dans : Vietnam
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /Juin /2008 23:59
J’ai remarqué que mes groupes préférés étaient ceux que j’avais mis le plus de temps à apprivoiser. On commence perplexe, puis un truc nous titille, alors on récidive, on craque sur un morceau et on finit par aimer tout l’album. Après on peut mettre du temps à digérer, moi en tout cas je cale assez souvent, mais ça me semble rarement totalement hors d’atteinte.

Pourtant il y a des trucs qui sont tellement différents que je pense que je n’arriverai jamais à les comprendre. Je ne pense pas au metal expérimental, ni même à la musique atonale, juste à certaines musiques traditionnelles. 

Soyons d’accord, il y a musique traditionnelle et musique traditionnelle. La musique européenne nous est rarement inaccessible. Pareil pour les genres « modernes » d’Amérique latine ou d’Afrique qui sont souvent imbibés de musique occidentale ou qui nous sont familiers par les emprunts qu’on leur à fait.  

Mais il y a des trucs…. quand je les écoute, j’a l’impression d’essayer de lire un livre dans une langue inconnue. Si c’était de l’italien, je pourrais deviner quelques mots, mais là ça serait plus de l’arabe ou du chinois. Incapable de dire en l’écoutant si la chanson est triste ou gaie, apaisée ou énervée. Incapable aussi de sentir quand la fin arrive. C’est l’incompréhension totale.

Mais tout n’est pas perdu ! Car comme on peut apprécier la beauté d’une calligraphie sans comprendre le sens des mots, je crois vraiment qu’on peut apprécier la beauté d’une musique sans la comprendre. Le sens nous échappe mais la fascination est bien là, et c’est déjà pas mal.

Pour illustrer ça, voici quelques morceaux de musiques traditionnelles des peuples des montagnes du nord et du centre du Vietnam. J’ai choisi des morceaux avec peu de musiciens car c'est plus digeste. J'avais emprunté l'album il y a longtemps dans une discothèque et donc je n'ai malheureusement pas les infos du livret. Les chansons sont extraites de Vietnam : Musiques des montagnards, publié par Chant du monde associé au CNRS et au Musée de l'Homme en 1997. Les noms (Hani, Khmu et Ma) sont ceux des peuples et pas ceux des artistes.


Un très beau morceau de chant acapella, avec des voix très douces qui s’entremêlent de manière extrêmement surprenante.
Hani - Chant alterné


Un morceau incroyable, un solo d’un instrument à vent appelé pilang bhang. Par moment, ça fait un peu penser à du free jazz au saxo.
Khmu - Solo de clarinette pilang bhang


Le morceau le plus obscur. D’après le titre, c'est un solo de cithare, mais ça ressemble plus à des percussions.
Ma - Solo de Cithare


Par Boeb'is - Publié dans : Vietnam
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /Mai /2008 00:14
1967. Alors que la guerre du Vietnam fait rage, un jeune duo parcourt le Sud Vietnam pour chanter la paix. Il s’agit de Trinh Cong Son, compositeur et guitariste de 28 ans qui a déjà quelques succès à son actif et de la toute jeune chanteuse Khanh Ly âgée de 22 ans. C’est à cette époque que le duo enregistre la plupart de ses grandes chansons, celles qui le fera entrer la légende et qui sont aujourd’hui connues par tous les Vietnamiens. Ces chansons sont publiées en 1969 dans ce qui est certainement l’album central de la chanson vietnamienne : Khanh ly hat cho quê huong Viet Nam, ce qui signifie littéralement Khanh Ly chante pour la patrie du Vietnam.


Un titre d’album nationaliste pour un disque pacifiste ? C’est surprenant mais pas paradoxal car à l’époque, le peuple vietnamien est déchiré entre la République du Vietnam au Sud et la République démocratique du Vietnam au Nord. Quand Trinh Cong Son exalte la nation vietnamienne, il ne fait que chanter la paix et la réunification. Et avec quelle grâce ! Car la guerre et la paix, c’est certes un beau thème mais c’est surtout très casse gueule. Trinh ne fait pas dans la démagogie, il ne donne pas de leçon. Trinh raconte.


Il raconte le quotidien des civils, quand « le son du canon parvient à la ville nuit après nuit » quand « le balayeur de rue arrête son balai pour tendre l’oreille ». (Đại Bác Ru Đêm). Il met en scène un vieillard et un gamin dans les ruines d’un parc (Người già em bé), une mère berçant son enfant en se demandant s’il atteindra les 20 ans pour devoir partir à la guerre (Ngủ Đi Con).

 

Trinh ne se contente pas des descriptions morbides; il raconte aussi la fin fantasmée de la guerre. Il imagine quand il visitera le Vietnam « de Saigon jusqu’au Centre et de Hanoi au Sud», qu’il ira visiter « la route parsemée de tranchées ». Il raconte que « dans mon pays, les gens auront finis de s’entretuer », que « tout le monde sera dans la rue avec le sourire », mais aussi que « la vieille mère ira chercher dans la montagne les restes de son enfant » (Tôi sẽ đi thăm). On retrouve ce thème décliné dans plusieurs titres, comme Ta thấy gì đêm nay où il imagine le soir de l’armistice. La chanson la plus frappante dans ce style est la très entraînante "Formons une grande ronde" (Nối vòng tay lớn) qui est devenue l’hymne quasi-officiel de la Réunification, et qui est toujours chanté dans les karaokés et ailleurs.

D’autres chansons sont des hommages aux décédés, comme "Chanter sur les morts "(Hát trên những xác người) ou  la "chanson dédiée aux morts" (Bài ca dành cho những xác người). Cette dernière évoque des « morts flottant sur les rivières, étalés dans les champs, sur les toits des villes, sur les chemins tortueux », « sous les auvents des pagodes, dans des églises, sur le seuil de maisons désertées ». Mais toujours l’espoir prend le dessus, et Khanh Ly continue en chantant « Printemps, les morts nourrissent les chants / Vietnam, les morts donnent du souffle à la terre de demain»


Toutes les chansons ne parlent pas spécifiquement de la guerre mais dès qu’on regarde en détail les paroles on voit que toutes en sont empreignées. Comme une de mes préférées, Xin cho tôi (donne-moi), où une Khanh Ly brisée implore qu’on lui donne « la main chaude de ma mère », « un jour de sommeil paisible », des « nuits sans bruit de mitraille ».

Ce qui est assez extraordinaire dans ces chansons c’est la communion parfaite entre la voix très puissante de Khanh Ly et les arrangements très discrets. Une guitare, une basse, parfois un piano ou un cuivre. Pas d’effet d’esbroufe, tout est très maîtrisé et au service de la chanson. Le son est parfois étrangement proche de ce qui se faisait de mieux aux Etats-Unis à la même époque. Par exemple, l’intro de Ca Dao Me ressemble un peu à du Nico/John Cale. Ce son sobre, presque minimaliste est vraiment une des grandes réussites de cet album.


C’est d’autant plus important que toute la musique populaire vietnamienne est marquée par des arrangements craignos, avec une sorte de vernis de violons synthétiques assez déprimant. D’ailleurs toutes les chansons de Khanh Ly seront ré-enregristrées dans les années 1980 et ce sont ces versions qu’on trouve le plus facilement. Pire, les versions originales n’ont jamais été éditées officiellement en CDs ! Certes la voix de Khanh Ly reste et c’est le plus important mais pour les instruments c’est comme écouter du Brassens joué par Jean-Jacques Goldman.

Voilà, j'espère sincèrement que les personnes qui sont arrivées jusque ici écouteront attentivement l'album. Même si vous êtes déroutés, persévérez! Cet album c’est tout sauf une curiosité marrante qu’on trouve sur le net et qu’on écoute d’une oreille distraite. C'est au contraire le genre d'albums qu'on écoute et ré-écoute sans se lasser, le genre d'albums qui peut vous accompagner toute une vie, comme ceux de Dylan ou de Brassens pour rester dans les noms cités. Promis, vous m'adorerez bientôt pour vous l'avoir fait découvrir. Ah, j'espère qu'un jour un label fera pour la musique vietnamienne ce qu'a pu faire le label Buda Musique pour la musique éthiopienne, mais en attendant les mp3 c'est mieux que rien.

Pour finir, un très gros merci au forum Pho xua où j’ai pu récupérer les versions originales des chansons de Khanh Ly d’avant 1975 et les images des pochettes, et en particulier à Hu Vo qui a répondu à mes questions. Pour la traduction des paroles je me suis aidé du très bon site tcs-home et des conseils de Cop. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur Khanh Ly, en particulier sur ses enregistrements postérieurs à 1975 un petit tour sur son site officiel.


Khanh Ly & Trinh Cong Son - Xin cho tôi (donne moi)



PS: une info précieuse, Khanh Ly fera un concert le dimanche 15 juin 2008 à l’espace des peuplier, Paris 13eme. A ne pas rater!
Par Boeb'is - Publié dans : Vietnam
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires

DukeEllington_Paris_58_Herman-Leonard.jpg

 

25447 101699299869822 101698933203192 12282 1110533 n

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés