Pour ceux qui sont comme moi tombés sur le charme de la chanson que chante la grand-mère nostalgique de Still Walking, le dernier film du déjà grand Hirokazu Kore-Eda. Il s'agit de Blue
Light Yokohama, de Ishida Ayumi.
Cette chanson est dans le style enka, c'est à dire la musique populaire traditionnelle à la mode avant d'être supplantée par la j-pop.
Une chanson et une chorégraphie irrésistible dans le très bon film The Taste of Tea d'Ishii Katsuhito. Comme La saveur de la pastèque, un film dont le
ton oscille très adroitement entre sérieux et burlesque.
La chanson de la montagne
Une courte vidéo, légèrement musicale, très tendre et surtout très drôle, à l'image du film dont elle est tirée: Mes voisins les Yamadas, un des films les plus justes que j'ai pu voir
sur la famille.
J'ai souvent un peu tendance à évacuer les Grandes oeuvres (celles avec un grand G) non pas que je ne les apprécie pas, simplement que je ne me sens pas à la hauteur
pour en parler. Je pense à la musique classique occidentale, mais même en rock des albums vraiment immenses comme Rock Bottom de Robert Wyatt, ou Desertshore de Nico sont trop
grands pour mon petit blog (j'avais osé parler d'Astor Piazzolla mais c'était particulièrement bref). Tout ça pour dire que mon estime pour un artiste est souvent inversement proportionnelle à la
taille du billet qui lui est consacré.
Le billet sur La Vie d'O-haru femme galante de Kenji Mizoguchi se devait donc d'être court! Mizoguchi est peut-être le plus grand cinéaste japonais, devant Ozu et Kurosawa. C'est le
genre de phrase péremptoire qui ne servent à rien mais que voulez-vous, tous les statagèmes sont bons pour vous inviter à regarder ses films. Je ne vais pas vous imposer un résumé du film,
mais je dois bien introduire l'extrait disponible sur youtube. Le film suit la vie et les drames d'O-haru. Elle est notamment chassée de la maison d'un chef de Clan dont elle a enfanté
l'héritier. Après une série de malheurs, elle se retrouve mendiante et apperçoit son fils qu'elle n'a pas pu voir grandir. L'extrait, surtout en qualité youtube n'est rien en comparaison du film
mais permet de se faire une bonne idée de son intensité. On a aussi l'occasion d'entendre deux chansons magnifiques. La BO dans son ensemble est vraiment exceptionnelle et constitue à n'en pas
douter une bonne introduction vers la musique traditionnelle japonaise. Mais celle-ci n'est pas distribuée en France donc je n'ai que les souvenirs du film pour me consoler. Trève de
bavardage!
S'il y a des traits récurrents chez Tarentino, ce sont clairement ses références au cinéma B et son attention à ses bandes originales. Kill Bill n'échappe pas à la
règle, boursouflé de clins d'oeil au cinéma des années 60-70, westerns spaghetti, films de Kung-fu hongkongais et ciné japonais. Ainsi l'intrigue et le traitement sont très proches de celle de
Lady Snowblood de Toshiya Fujita qui en scène la sanglante vengeance d'une femme, incarnée par Meiko Kaji. Les liens sont assez forts avec d'autres films de Meiko Kaji notamment la série des
Scorpions. Jugez-en par vous même avec leurs bandes annonces.
La bande annonce du 3e épisode de la série Scorpion
La bande annonce de Lady Snowblood
Certains d'entre vous auront peut-être reconnu les chansons qu'on entend sur les bandes annonces, puisqu'elles sont présentes sur les BO des Kill Bill. Ainsi parmi
le lot de perles qu'elles recèlent (Bang Gang, The Grand Duel, Twisted Nerve, Ode to Oren Ishii etc.) on trouve Flower of Carnage
(Shura no Hana) qui n'est autre que le thème de Lady Snowblood et Uramu-Bushi... celui des Scorpions! Et les deux sont interprétés
par l'actrice Meiko Kaji.
Deux chansons ça reste peu, donc voilà d'autres titres de la belle Meiko issues de la compilation Zenkyoku Shu.
Onna no Jiyumon - Jean Blues
Et une dernière chanson avec des arrangements plus discrets.
La musique japonaise nous offre ce qui peut se faire de plus extrême en musique, que ce soit dans la mièvrerie de la j-pop et du visual-kei, ou des expérimentations noisy de Keiji Haino. Alors
quand des japonais s'attaquent au blues et au folk, il ne faut pas s'étonner de retrouver l'esprit de tristesse et de lamentation propre à ces genres mais porté à son paroxysme.
Tomokawa Kazuki et Kan Mikami oscillent entre sincérité et maniérisme, entre rage contenue et folie assumée. L'ambiguité se retrouve dans les arrangements, entrainants et
somme toute assez conventionnels mais interprétés d'une manière complètement excessive. Ils bourinnent sur leurs guitares et pianos accoustiques comme s'ils faisaient du death metal. Le chant
navigue entre la douce plainte et le hurlement de damné. Finalement ça ressemble pas mal aux chants proches de la rupture qu'on trouve dans le Kabuki.
Le peu de slam que j'ai écouté m'a semblé niais. Les boucles de piano mélancolique m'énervent. Et pourtant, à chaque fois que je regarde le live d'Ill Beatnik de Tha Blue
Herb j'ai les larmes aux yeux. Je ne parle pas japonais, et pourtant j'ai l'impression de comprendre chaque syllabe qu'il prononce. Tout est déclamé avec une sincérité bouleversante. Je ne peux
pas dire que ce sont les paroles qui me touchent puisque je ne les comprends pas mais je franchirais presque le pas. C'est comme si les sons de la langue transcendaient le texte, sortaient du
carcan des mots pour atteindre une nouvelle forme de pouvoir d'évocation. On a trop l'habitude d'abuser des hyperboles dans les chroniques musicales, jusqu'à les affadir. Je sais bien que ça ne
sert à rien de les aligner jusqu'à saturation, mais croyez moi je dois vraiment me retenir.
Contrairement à un rap classique, le beat et le flow sont déconnectés rythmiquement. Ce n'est même pas vraiment un beat, juste une nappe de piano, à la fois calme, profonde et qui par moment
s'agite. C'est que si le flow d'Ill Bostino ne se cale pas sur une rythmique, il est quand même en parfaite symbiose avec la musique de fond. Pendant qu'Ill Bostino semble nous raconter son
histoire, le piano se fait discret, évocateur. Mais au climax de la chanson (vers 5:50), quand l'intensité du chant déborde de partout, des percussions viennent en renfort du piano et la
performance touche alors au sublime.
Tha Blue Herb - Ill Beatnik (live au Fuji rock, 2000)
Toujours assez périlleux de parler d'une musique dont on ne comprend pas les paroles, surtout quand il s'agit de rap. Pas grand chose alors pour rattacher le discours, pour
tenter une interprétation. En contrepartie, ça libère l'imagination. C'est assez ludique d'essayer d'imaginer le sens de la chanson d'après le style des beats, le ton de la voix, les images du
clip.
Alors que dire de Rumi? La première chose qui vient à l'esprit est sa parenté avec cette mouvance du hip-hop underground japonais assez passionnante (Tha Blue Herb dont le
DJ lui signe un morceau, MSC, Kan avec qui elle avait fait un featuring, DJ Krush...).
Le clip la met en scène dans un décor blanc dans lequel surgissent des formes fluos difficilement identifiables. Elle gigote, elle danse, elle
s'agite et surtout elle joue (notamment un chat) Elle semble visiblement raconter des histoires d'une folie joyeuse. La plupart des beats sont durs, presque
métalliques mais gardent toujours un côté festif. Le tout est au fond très extraverti, un peu surexcité même. Il y a clairement un côté MIA; un côté Bjork aussi. Une fois seulement, elle se
laisse aller à un passage mélancolique qui fait penser à du Tha Blue Herb.
RUMI - Hell Me WHY? 8Min Special Mix Music Video
Le clip est comme son nom l'indique, un mix d'extraits de l'album Hell Me Why?. La très bonne chanson titre de l'album a également un clip dédié Hell Me Why?
Derniers Commentaires