Publié le 23 Juillet 2013

Quand on pense au Brésil, c’est souvent à Rio, à Bahia ou au Nordeste, ces terres métissées pétries d’histoire et de culture.  São Paulo,  la mégalopole tentaculaire forte de 20 millions d’habitants, cœur économique et financier de l’Amérique du Sud fait d’ordinaire plus rêver les traders que les mélomanes. Car São Paulo est une sorte de New York brasileira, une ville cosmopolite et ultra moderne à l'histoire récente, peuplée de migrants venus des 4 coins du monde et du Brésil. Là-bas, même la samba se chante avec l’accent italien d’un Adoniran Barbosa.

Cette réputation de ville cosmopolite est confirmée par la nouvelle compilation Daora, « cool » en argot paulista. Le disque sort sur Mais Um Discos, un label créé par l’anglais Lewis Robinson qui s’attache à documenter la musique brésilienne indépendante actuelle, loin des purismes et des clichés. Après une compilation fondatrice en 2010 qui présentait des artistes aussi passionnants que Cidadão Instigado, Mombojó, Siba, Lucas Santtana, Otto, Tulipa Ruiz et Graveola e O Lixo Polifônico1,Lewis Robinson avait prolongé son travail par des EP documentant la vitalité des scènes du Pernambuco (Mangue-folk) et du Pará (Electro-amazonas). C’est rien de moins qu'un double LP qui a été nécessaire pour cartographier la musique contemporaine de São Paulo, avec la crème locale complétée par des musiciens originaires d'autres Etats mais souvent installés à São Paulo.

 

Daora, underground sounds of brazil

Reprenant l'idée de Mangue-folk, compilée avec Alessandra Leão, Lewis Robinson confie à nouveau la sélection des titres à une figure locale, Rodrigo Brandão. Rien de moins qu’une rupture de paradigme, la où distinction compilateur gringo/compilé d’un pays « exotique » a longtemps été la règle, prolongeant en quelque sorte le rapport de domination entre l’ethnographe, figure savante, et l’ethnographié, réduit à n’être qu’un objet d’étude. Rodrigo Brandão, le compilateur de Daora est un acteur de cette scène paulista, en tant que MC et producteur du groupe de rap Mamelo Sound system aux côtés de Lurdez da Luz. Bien connecté à l’étranger, il a des participations  à son actif aux côtés de Tony Allen, The Roots et d’artistes des labels hypes Big Dada et Ninja Tunes. Une connaissance intime de la scène locale et une ouverture sur le monde qui en faisait le candidat idéal pour dresser ce panorama à destination des gringos.

Le sous-titre  de Daora, "Underground Sounds of Urban Brasil, Hip hop, Beats, Afro & Dub" annonce le programme (avec comme coquetterie riche de sens, un "Brasil" orthographié en portugais). Mais Rodrigo Brandão n’entend pas seulement dresser la bande-son qui fait vibrer les nuits paulistas underground et branchées. Plus profondément, il s’agit à l’échelle de São Paulo d’un témoignage sur le lien entre la musique brésilienne et les autres musiques dites, « noires », ce spectre de musiques issues du dialogue entre Afrique de l'Ouest et Amériques: musiques jamaïcaines, funk, rap, funk, afrobeat2… un dialogue qui a été toujours particulièrement fécond à São Paulo, métropole tournée vers l'internationale.

Car alors que Rio s’est nourrie de ses racines afro-bahianaises pour inventer une autre modernité (samba, bossa nova, mpb), São Paulo swinguait sur du rock’n’roll que Londres n'aurait pas renié. Dans les années 90, alors que Rio créait le baile funk en fusionnant Miami bass et rythmes de maculelê, que Recife gorgeait rap et rock de cocô et de maracatu, São Paulo développait ce qui allait devenir la plus importante scène rap d’Amérique du Sud. Un goût pour le rap qui date d’une époque où certains jeunes des banlieues pauvres de São Paulo ont délaissé la samba qui s’était institutionnalisée pour s’approprier ce style qui semblait plus à même de porter un discours contestataire et identitaire.

C’est les héritiers de cette scène rap que Rodrigo Brandão documente dans le premier LP de Daora. Loin de remonter jusqu’aux albums fondateurs de Thaid & DJ Hum, Racionais MC's ou Sabotage, il se focalise sur la nouvelle génération. Des rythmiques old-school de boom rap (Doncessa, Elo da corrente), jusqu’aux dernières tendances US (Rincon Sapienca, Karol Conka de Curitiba), Brandão brasse l’ensemble du spectre hip hop même s'il fait volontairement l’impasse sur les noms les plus évidents (Rashid, Kamau, Emicida, Criolo qui a déjà percé à l'étranger n’est présent que via un featuring).  Une excursion reggae-dub avec Curumin dont le dernier album a été distribué en France, de l'électro avec les Psilosamples  et quelques pistes instrumentales assez envoûtantes (Bodes & Elefantes) viennent ouvrir un peu ce premier disque. Mais logiquement, ce sont les grands artistes qui font les grands titres : MC Sombra nous offre un superbe Homen sem face produit par le génial contrebassiste Marcelo Cabral déjà derrière le No Na Orelha de Criolo ; Gui Amabis injecte son expérience de créateur d’ambiance développé quand il composait des BO pour Hollywood avec une collaboration avec le même Criolo en hommage à l’éthiopien Mulatu Astake ; et enfin, un superbe travail sur les percussions et les cloches d’inspiration afro-brésilienne par M. Takara, musicien central de l’underground paulista autant à l’aise dans le rock que dans le rap (Hurtmold, SP Underground).

C’est pourtant surtout avec la seconde galette qu’on se régale de bout en bout. La part belle est faite à l’afrobeat, avec les deux meilleurs groupes brésiliens du genre (Abayomy Afrobeat Orquestra, Bixiga 70) et un afrobeat extrait du merveilleux dernier album de Rodrigo Campos, Bahia Fantastica. La Jamaïque repointe son groove avec Anelis Assumpção et un titre sous influence ragga de Braunation. La compilation quitte même São Paulo par moment pour présenter le meilleur groupe indé de Salvador qui fait dialoguer guitarra baiana et dub (Baiana System), le génial Lucas Santtana et son passionnant travail sur le son, un super projet d’un ex-membre du groupe fondateur du manguebeat de Recife, Nação Zumbi (Afrobombas) et un vétéran de Rio, ex-Planet Hemp, Bnegão avec son funk massif. Même les artistes plus confidentiels que l’on découvre sur cette sur ce second disque sont de belles surprises (Soraia Drummond, Os Ritmistas, originaires de Rio).

Mais les deux sommets de l’album ne sont pas à chercher plus loin que chez Sambanzo et Metá Metá. Deux groupes construits autour des musiciens brésiliens les plus passionnants, le saxophoniste Thiago França, le guitariste Kiko Dinucci, le contrebassiste Marcelo Cabral et la chanteuse Juçara Marçal, collaborateurs réguliers de Rodrigo Campos, MC Sombra, Criolo ou Afroelectro également présents sur la compilation. Si le dialogue entre musique afro-brésilienne et les autres musiques « noires » affleurent partout dans la compilation même dans les titres rap les plus classiques, c’est ici qu’il prend sa véritable mesure. Car il ne s'agit plus d'une simple citation mais de la quintessence de ces musiques unifiées et transfigurées, quand l'appel à la danse rejoint la spiritualité la plus profonde, quand une invocation d'un orixá rejoint la transe du rock ou du funk, quand les expérimentations de l'Afrobeat nigérian et de la samba la plus moderne se rejoignent pour célébrer leurs racines yoruba communes. Une musique jouée par des musiciens en majorité blancs, adeptes du candomblé comme dans une quête d'une Afrique intérieure, bien plus spirituelle que géographique, libérée de toute tentation de mimétisme et de tout fantasme de retour aux sources.

On peut formuler des petits regrets de ne pas voir tel ou tel coup de coeur paulista présent sur la compilation, même si ce ne sont au fond que des prétextes pour vous inviter à aller les écouter d'urgence: MarginalS, Passo Torto, Romulo Fróes. Le nombre importants de titres fait qu’immanquablement la qualité des morceaux est un peu hétérogène, mais on ne peut que saluer cette importante pierre à l'édifice de la diffusion de la bonne musique brésilienne actuelle. Car désormais, fort d'une bonne tracklist introductive, rien ne peut vous arrêter dans cette découverte de ses meilleurs représentants. Aucune excuse, la grande majorité des musiciens de Daora offrent leurs albums gratuitement en téléchargement.

 

Daora, Underground sounds of urban Brasil, hip hop, beats, afro compilée par Rodrigo Brandão.

 Disponible chez Mais Um Discos (2CD/ download/ LP) le 22 juillet 2013.

1. Nous vous avions déjà parlé tant sur interlignage qu'ailleurs, de ces artistes et de nombreux autres présents sur Daora.

2. Pas de trace en revanche des rythmes "afro" de l'Amérique hispanophone, qui se retrouvent plus dans le nord et nord-est du Brésil, plus connectés géographiquement aux Caraïbes (cumbia, guitarrada, lambada, rythmes cubains).

 

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Rédigé par Boeb'is

Publié dans #Brésil, #Chronique

Publié le 12 Juillet 2013

Voici quelques musiciens du Nord et Nordeste du Brésil, des musiciens consacrés au niveau régional mais qui n'ont jamais été intégrés dans le Panthéon officiel de la musique brésilienne.

Car tant la critique que la production ont longtemps été ultra-centralisés autour de Rio et São Paulo, et la quasi totalité des monstres sacrés de la MPB qui viennent d'autres Etats ont en réalité effectué leur carrière à Rio ou São Paulo (Luiz Gonzaga, Milton Nascimiento, Caetano Veloso, João Gilberto, Dorival Caymmi, Gilberto Gil, Maria Bethânia, Jackson do Pandeiro, os Novos Baianos...).

Chico Maranhão a grandit à São Luís mais a déménagé à São Paulo, pour suivre des études d'architecture (dans la même Université que Chico Buarque). Il participe d'ailleurs à la pièce de théâtre Morte e Vida Severina dont Chico Buarque a composé la musique. Il rencontre un premier succès avec le titre Gabriela interprété par MPB4 lors du festival de MPB de 1967. Il sort durant les années 70 plusieurs albums sur le label incontournable Discos Marcus Pereira qui souhaitait à l'époque documenter la richesse musicale du Nordeste largement méconnue dans le reste du pays.

L'album Lances de Agora a été enregistré à São Luís, ville natale de Chico Maranhão, dans la sacristie de l'Eglise du Desterro, fidèle en cela à la volonté de Marcus Pereira d'enregistrer les albums au plus près de leur lieu d'inspiration et de son public, dans une sorte de projet quasi ethnologique.

Ses compositions délicates et sophistiquées puisent dans le folklore du Maranhão (bumba-meu-boi, tambor de crioula, tambor de mina) qu'il a été un des premiers à diffuser dans le reste du Brésil aux côtés de Papete, Josias Sobrinho et César Teixeira.

L'album, comme les deux précédents parus sur Discos Marcus Pereira n'ont toujours pas été réédités en CD... Ecoutez donc le talent rare et précieux de Chico Maranhao (Lances de Agora).

Chico Maranhão - Lances de Agora

Chico Maranhão - Cirano

Chico Maranhão -Boi meu menino


Et tant qu'on y est des extraits de l'album précédent Gabriela (1971), également superbe.
Chico Maranhão - Gabriela

Chico Maranhão - Cinzas Cinzas

dewplayer:& Chico Maranhão - Felicidade

Ave Sangria fait partie de ses groupes comètes. Un unique album publié en 1974 porteur de promesses non tenues. Le groupe vient de la région de Recife, à l'époque bien moins moderne que São Paulo et où leurs paroles qui parlaient sans détour de sexe et de suicide firent scandale. Sans parler de l'usage de maquillage sur scène, leurs cheveux longs, une légende selon laquelle ils s'embrassaient sur scène et une chanson d'amour homosexuelle qui entraina la censure de l'album (le Brésil était en pleine dictature). Une bande d'hippie sulfureux surnomés à l'époque les Rolling Stones nordestins.

Selon les membres du groupe la production de leur unique album a été baclée et ne rend pas justice à leur son, qui était plus rock. Ils étaient tous sans expérience de studio et affublés d'un producteur débutant et carioca qui ne comprenait pas la musique du groupe.

Avec ce mélange frais et vigoureux de rock psychédélique et de sons nordestins, ces morceaux bien troussés de Marco Polo qui s'inscrivent dans la mouvance tropicaliste, on imagine qu'ils auraient pu avoir une carrière à la Novos Baianos. Nous reste que cet album avec ses imperfections, mais quel album !

Traduction d'Hey Man:

Elle est montée sur la colline / Ela subiu pela colina

En courant et vétue de jaune / Correndo e vestida de amarelo

Un corps cool et en sueur / Corpo suado e maneiro

Elle m'a vu et ne s'est pas cachée / Ela me viu e não se escondeu

Une sensation.. ha, han, elle m'a donnée / Uma sensação ...hã-hão... me deu

Je ne veux même pas savoir / Não quero nem saber

J'ai roulé avec elle sur le sol / Rolei com ela pelo chão
Hei! man /
A vida é feita de pedaços do céu / La vie est faite de morceaux de Paradis
Hei! man
Pobre de quem não teve o seu / Je plains celui qui n'a pas eu le sien
Hei! man


J'ai uploadé tout l'album, mais le rip du vinyle n'est pas de moi: Ave Sangria.

Ave Sangria - Por que

Ave Sangria - Hey Man

Ave Sangria - O pirata

 

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Joaquim de Lima Vieira, aujourd'hui connu comme Mestre Vieira vient d'une petite ville du Pará, Barcarena, où il est né en 1934 de parents humbles agriculteurs et où il vit toujours. Il a commencé très jeune enfant la musique, jouant au banjo de la musique régionale. Adolescent il se met au bandolim (sorte de mandoline brésilienne) pour faire plaisir à son père d'origine portugaise. Selon l'anecdote, il était parti à Belém acheter l'instrument, mais ce dernier étant trop cher, son frère lui en fabriqua un. Il gagne à 15 ans seulement un concours organisé au Para le désignant meilleur soliste de l'Etat. Il travaille alors un temps comme réparateur de radio. Il se met plus tard à la guitare électrique, mais il n'a alors ni amplificateur, ni électricité. Jamais en manque de ressource, il fabrique lui même un amplificateur à pile à partir de batteries de voiture..

Il sort en 1978 son premier album, âgé déjà d'une quarantaine d'année. Cet album, Lambada das quebradas, inaugure un nouveau style musical, la guitarrada, un mélange de son caribéens (cumbia, merengue), de jovem guarda pour l'usage de la guitare électrique, et de rythmes locaux (carimbo!).

Un mélange détonnant de rythmes caribéens joué à la guitare électrique qui me rappelle souvent la rénovation de la cumbia colombienne par le péruvien Enrique Delgado une décennie plus tôt au sein de Los Destellos.

Même fraicheur, même naïveté aussi peut-être, pour cette musique qui jusqu'à la pochette tranche avec le bon goût d'un Chico Maranhao ou le classe branchée d'un Ave Sangria.

L'abum Lambada da quebradas se vend à 80.000 exemplaires et le suivant simplement intitulé Lambada das quebradas vol. 2, atteind les 230.000  !

Après une traversée du désert durant les années 90, Mestre Vieira est revenu sur scène depuis quelques années, et joue toujours, à bientôt 80 ans.

Flabbergaster vibes a partagé récemment le vol. 2, et je vous propose donc d'écouter le premier album de Mestre Vieira (l'album complet).

Mestre Vieira e seu Conjunto - Bate Estaca

Mestre Vieira e seu Conjunto - Vamos dançar Lambada

Mestre Vieira e seu Conjunto - Lambada da Pachanga

Mestre Vieira e seu Conjunto - Ela foi embora

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Rédigé par Boeb'is

Publié dans #Brésil

Publié le 25 Juin 2013

Nouvel épisode pour vous faire partager mes découvertes de ce qui se fait de mieux en musique brésilienne ces dernières années.

 

Romulo Fróes est le doyen de ce qu'on appelle parfois la nova MPB (musica popular brasileira) cette nouvelle scène dont São Paulo serait le coeur et né des vestiges de l'industrie du disque. Un ensemble de musiciens farouchement indépendants, autant par choix que par nécessité où l'autoproduction, la participation à de multiples projets et la mise à disposition des albums en ligne est la règle. S'il est assez difficile de trouver un point commun esthétique à tous ces artistes dont ce blog se fait largement l'écho, on peut dire qu'ils essaient de renouer avec l'esprit original de la samba et de la MPB. Des genres qui avaient toujours été des terrains d'expérimentation, qui dialoguaient avec leur époque quitte à la bousculer, mais qui ont plutôt rimés ces deux dernières décennies avec d'un côté une sacralisation d'un patrimoine devenu encombrant et de l'autre une dérive commerciale qui donne des airs de BO de télénovelas à certains albums. 

Voici donc un extrait du premier LP de Romulo Fróes, à une époque où il était encore clairement rattaché à la samba mais tentait déjà de dépasser les limites du genre, avec respect certes, mais sans vénération ni complexe. Et surtout un bel album empreint d'une immense mélancolie.

 Romulo Fróes - O sol é comum (Calado, 2004) (traduction sur mon blog Bonjour samba)     

 

 

 

Maurício Pereira vient de la vibrante scène rock underground de São Paulo, où il faisait partie d'Os Mulheres Negras. Aujourd'hui assagi, il a sorti en 2007 un album où sur une guitare sèche et une production qui pourraient paraître banales, il a composé des putains de chansons, puissamment originales et personnelles. Ici une chanson d'amour pleine de fièvre.

Maurício Pereira - Trovoa (Pra Marte, 2007)

 

 

 

 

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Le Baiana System est un groupe instrumental de Bahia qui remet au goût du jour la guitarra baiana, avec un son entre frevo et dub et des petites touches africaines et indiennes, comme ce titre avec tablas et sitar! Plus d'infos sur Afro-Sambas.

Baiana System - Amerika Expressa  (2010).

AMERIKA EXPRESSA by baianasystem

 

 

 

Dans les dernières nouveautés toutes chaudes et frémissantes.

Aila Magalhes, nouvelle étoile montante du Para dans son meilleur titre où elle est accompagné de la respectable Dona Onete. Le kitsch dans ce qu'il a de plus profond. Comme une héroïne d'Almodovar, un peu trop maquillée et peut-être plus toute jeune mais néanmoins dangereusement séduisante. 

Aila Magalhaes - Proposta indecente (Trelelê, 2012) (traduction des paroles sur Bonjour samba où j'ai aussi mis le lien pour télécharger légalement l'album).

 

 

 

 

Un musicien qui a été un des piliers de Los Hermanos aux côtés de Marcelo Camelo et qui reprend La non demande en mariage de Brassens ne peut être qu'un type formidable, non ?  Voici un extrait du dernier album de cet incontournable de la scène rock de Rio. Pour sa reprise de Brassens c'est sur Brassens, Echos du Monde, compilé par Emile Omar (Fanon records).

Rodrigo Amarante - Tardei (Cavalo, 2013)

 

 

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Passo Elétrico est le second album de Passo Torto, super-groupe rassemblant trois des meilleurs compositeurs brésiliens de leur génération, Kiko Dinucci, Rodrigo Campos et Romulo Fróes, chacun venant d’un univers différent, mais rassemblés par leur amour pour la samba et la ville de São Paulo.

Passo Torto joue une samba revisitée autour des riffs de la basse de Marcelo Cabral, de la guitare électrique de Kiko Dinucci et du cavaquinho de Rodrigo Campos, tous les trois triturés par les pédales d’effets. Une ambiance singulière et angoissée faite de mélodies entremêlées et indémêlables qui répondent aux paroles évoquant la vie et les amours dans la bourdonnante et chaotique São Paulo.

Passo Torto - Helena (Passo Elétrico, 2013). En téléchargement gratuit et chaudement recommandé.

Helena by passotorto

 

 

 

 

Le charme délicat et aguisé de Thais Morell dans la veine de ces petites divas pop tels Céu ou Lettuce le tout chargé d'un parfum de Curitiba.

Thaïs Morell - Passa, Repassa (Cancionera, 2012)

 

 

La musique électronique n'est sans doute pas le fer de lance de la musique brésilienne, on s'en doute (même si Amon Tobim est brésilien, du moins sur le papier). Voici cependant un très jeune homme qui n'a pas à rougir de sa nationalité.

Sants - Nick at Nite (Soundies, 2013)

 

 

 

 

Ce n'est pas 1, ni 2 mais 3 albums dont nous a gratifié MarginalS en ce premier semestre 2013, (sans compter les autres projets des membres, Passo Torto, et les deux mini albums de Kiko Dinucci et Thiago França!). Des albums qui réunissent Thiago França, Marcelo Cabral et Tony Gordin ainsi que différents invités pour des sessions de pure improvisation. Pas la formule de boeuf classique, où chacun improvise à tour de rôle pendant que les autres font tourner un riff ou plan d'accords, mais bien une improvisation collective et simultanée qui à chaque fois créé des étincelles. Du groove, un peu de folie et beaucoup de liberté.

La discographie des MarginalS en téléchargement gratuit!

Marginals + Thomas Rohrer @ Espaço Soma - primeiro ato

 

 

 

Et pour faire un grand écart, finissons avec Cristina Buarque, soeur de Chico Buarque, mais surtout une des mémoires vivantes de la samba dont elle fait revivre inlassablement les grands compositeurs tombés dans l'oubli. Ici avec le Terreiro Grande dans des medleys magistraux portés par des choeurs puissants et bouleversants. Quel souffle ! Tout simplement un des meilleurs albums de samba de ces dernières années! Bien plus fort que le revival de samba carioca porté par Teresa Cristina à mon avis.

Cristina Buarque et Terreiro Grande - Bloco 1 (Ao Vivo, 2007)

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Rédigé par Boeb'is

Publié dans #Brésil