Publié le 8 Mai 2008



100 000 pages vues sur ce blog! L'occasion de sortir le champomy, de faire un petit bilan et d'annoncer la suite.

Que retenir depuis le dernier bilan ? Sans hésiter, en premier il y a l'interview de Sok "Cream" Visal, le génial producteur de hip-hop cambodgien. Après, j'ai eu le plaisir de vous parler de mes dadas que sont le groupe japonais Tha Blue Herb et la musique des garifunas. Je suis aussi content d'avoir fait quelques compilations, celle sur le hip-hop "mondial", et celles sur la musique française à destination des étrangers, intitulées discovering french music. Et pour finir, je pourrais mentionner le paquet d'article sur les samples, comme celui sur les liens entre rap français et chanson.

J'ai plusieurs fois pensé arrêté ce blog, pas parceque je suis lassé d'écrire, plus par l'envie de trouver un autre ton, ou un autre angle d'approche. Peut être aussi car il y a beaucoup de choses dont j'aimerais parler mais pour lesquelles je n'ai ni le recul ni le talent pour pondre un truc potable, et plus simplement surtout une connaissance très superficielle. Je pense à des trucs sur Nico, The Residents, le banghra, la musique éthiopienne, la vieille pop cambodgienne, le highlife d'afrique de l'Ouest, le tango, mais aussi les musiques régionales françaises et celles d'Outre-mer. J'aimerais aussi continuer la série des Discovering french music. Plein de projets de billet qui sont à la fois trop ambitieux et qui me découragent mais qui en même temps me pousse à continuer ce blog. Arf, que la vie est dure :P

Et pour finir, merci à ceux qui ont laissé des commentaires, ça fait toujours très très plaisir: Queen, Showshoes, Thom, noname, G.T, Daegann, l'hystérique, Klak, Marc Andria, Guilhem, Big Noodle, Christian, Dat', Sdc, Bédédazi, Sidstar, Labosonic, Cryotaque, Simon, Phil...

Ah et j'oubliais, j'ai rejoins l'équipe de culturofil.net où je devrais poster de temps en temps à propos de DVDs.

Bon 8 mai!

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Rédigé par Boeb'is

Publié dans #Vie du blog

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Publié le 8 Mai 2008


 
Que reste-t-il du Buena Vista Club plus de 10 ans après les extraordinaires succès de l’album et du film de Wim Wenders ? Des millions d'exemplaires écoulés, une bonne vingtaine d’albums plutôt décents qui ont surfé sur la vague, en particulier ceux d’Ibrahim Ferrer et de Compay Segundo. Mais aussi des trucs racoleurs comme l’affreux Rythms Del Mondo, rapprochement mièvre entre les stars de la pop anglo-saxonne et les musiciens cubains, ou le soporifique documentaire Música cubana qui s’attaquait à la musique cubaine actuelle. Mais le vrai héritage du Buena Vista Social Club, c’est son coup de génie marketing des producteurs Rye Cooder et Nick Gold. Les compilations de vieux standards étaient déjà la règle pour les labels de « world music » mais ils sont allés au-delà : au lieu d’exhumer des chansons, ils ont carrément exhumé un groupe! Ils ont réussi à conjuguer l’attrait pour l’authentique (le fond de commerce de ces labels) tout en le formatant pour le public occidental.

 

L’authenticité est assurée en n’enregistrant que des vieux tubes qui ont fait leurs preuves (Veinte Años de Maria Teresa Vera, El Carretero de Guillermo Portabales). Surtout, et c’est là le point clé, ils les font jouer par des musiciens de l’époque bien ridés comme il faut. Malheureusement, les grandes stars cubaines des années 40-60 sont mortes, et ils faut donc piocher parmi les survivants. Mais contrairement à ce qu’affirme le documentaire de Wim Wenders, ils n’ont jamais été des légendes cubaines, seulement de très solides musiciens dont le succès a logiquement décliné avec l’arrivé de nouveaux genres sur l'Ile : nueva trova, timba, salsa, rap, reggaeton etc.
 

 

La compatibilité avec l’oreille occidentale n’est pas non plus laissée au hasard. La musique cubaine avait déjà connue un succès considérable aux Etats-Unis dans les années 1940, avec la vague mambo et cha-cha-cha puis avec la salsa. Surtout, Rye Cooder est un producteur très présent ; ça se sent très bien dans le documentaire de Wenders. Il sélectionne les musiciens lui-même (ça s’appelle un boys band), il s’occupe des arrangements, de l’enregistrement, et de la sélection des titres. En tant qu’américain, il donne une certaine patine au CD qui forcément aura tendance à plaire au public occidental. Le plus surprenant reste que Rye Cooder joue sur tous les morceaux de l’album (sauf un), et participe même aux concerts ! Son fils joue aussi sur un titre…

 

Avec ce billet, je ne cherche pas vraiment à descendre l’album et le film, qui restent sympathiques malgré tout. Je veux plutôt montrer les paradoxes qui sous-tendent la recherche d’authenticité de nombreux labels de world music. Comme cette musique pure, figée n’existe pas, on en arrive à la re-créer. Ça laisse assez songeur ! Au final, on passe à côté de la réalité culturelle, on reproduit les clichés, et on s’enfonce dans une nostalgie douteuse comme celle d’un Cuba pré-castriste. L’acculturation est un vrai danger pour de nombreux peuples, mais il me semble un peu illusoire de vouloir y remédier par des projets initiés et maîtrisés par des labels occidentaux.

Plus:
Excellent article, Wenders, un naïf à Cuba -   Critique de rythms del mundo par Labosonic

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Rédigé par Boeb'is

Publié dans #Cuba

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Publié le 6 Mai 2008



Interview menée par email avec Edouard Maurer, l'homme aux manettes du label Mobilarts dont le slogan est les arts en mouvement pour les gens en mouvement


Bonjour, Edouard Maurer, vous êtes le créateur du jeune label Mobilarts, pouvez-vous nous le présenter?


L’action de Mobilarts est triple :

-La distribution numérique, notamment par le biais du réseau international de Ioda, le leader des distributions numériques indépendantes dans le monde
-La promotion des artistes sur les réseaux de blogs, podcast, radios et journaux dans le monde entier
-L’organisation de spectacles originaux de créations, réunissant des artistes du label.


Quel a-été votre parcours avant de créer Mobilarts? Qu'est ce qui vous a amené à créer cette structure?


Je suis musicien depuis l’enfance, et j’ai toujours composé et organisé des concerts et spectacles, pour mes groupes ou d’autres artistes. Au bout d’un moment, on se sent frustré du fait que les efforts de créations n’aboutissent pas à la diffusion – bref, que les créations restent dans les tiroirs. J’en suis assez naturellement arrivé à la conclusion d’interrompre mes propres compositions pour prendre un peu de temps, me servir de mes expériences technologiques et internationales pour organiser une structure de diffusion utilisant le vecteur des nouvelles technologies, de leurs réseaux propres qui nous permettent de toucher un public plus large, tout en maintenant la réalité de la musique par l’organisation de quelques spectacles vivants axés sur l’échange entre les cultures et les modes d’expressions.


Mobilarts comporte une dizaine d'artistes, qui sont-ils? Comment les avez-vous rencontré?

Les artistes du label sont en général des créateurs confirmés dans leurs expressions, dans l’utilisation de leurs techniques de créations, et qui ne sont pas encore repérés à grande échelle. Ici encore, je parlerai d’un mot qui me paraît important : le réseau, ou « carnet d’adresses ». J’ai connu certains artistes par le biais de mon parcours propre, et eux-mêmes m’ont fait rencontrer d’autres créateurs. D’un autre côté j’utilise bien sur le web pour dénicher et contacter des artistes dont le parcours me paraît intéressant, et vice – versa, de plus en plus de musiciens me contactent pour en savoir plus sur mes activités.


Un exemple intéressant est celui de la rencontre des artistes coréens Kim HeeJeong ou Daehan Saram, qui a tout simplement été initiée par une soirée entre amis, suffisamment concrète pour que je décide d’aller à Seoul et approfondir les contacts. Ou encore la rencontre avec Franck Colman, dont le contact m’a été fourni par le studio Toulousain « Produc’ Son », avec lequel je travaille depuis des années.


Vous diffusez vos artistes uniquement sur internet, ça fonctionne?


Ca fonctionne si et seulement si un gros effort de promotion est fait. D’un autre côté, il faut savoir que la distribution numérique doit être un élément qui va permettre à l’œuvre d’être visible et disponible à l’achat, dans un panel de moyens. C’est l’ensemble des outils de ce panel qui va permettre à l’artiste de vivre. Rares sont les cas où la distribution numérique en elle-même génère des revenus suffisants pour les artistes. Il ne faut pas croire que le numérique va  remplacer à lui seul les autres aspects de la musique : les concerts, festivals, CD physiques, show cases, radios TV et presse ecrite, et c’est tant mieux.
Vos projets pour Mobilarts?


Renforcer et optimiser la présence des artistes du label sur tous les fronts ! Continuer à signer des contrats de partenariats avec des structures françaises et internationales, faire entrer de nouveaux artistes mois par mois, produire un album de guitare classique (des interprétations de Mozart sur une guitare 10 cordes, sans transcription, une première mondiale !), organiser une rencontre entre des artistes Coréens et Africains cet été dans un village médiéval du sud-ouest de la France. En bref, je crois que tout est lancé, l’objectif est maintenant de continuer les actions entreprises et d’asseoir la présence de Mobilarts sur les différents terrains.



Pour en savoir plus, jetez un oeil sur le site mobilarts.net qui comporte des extraits de tous les artistes et quelques chansons complètes.

Daehan Saram: Ah He
dewplayer:http://www.mobilarts.net/preview/morceaux_entiers/ah_he.mp3&

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Rédigé par Boeb'is

Publié dans #Interviews

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