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Publié le 26 Avril 2011

Deux très très belles chansons qui parlent du même sujet.

 

Cartola - Que sejas bem feliz (samba brésilienne)

 

Si c'est mieux pour toi
Tu peux partir amour
Et sois heureuse
Très heureuse

Que Dieu et la nature
les oiseaux dans leurs nids
les fleurs au bord de la route
parfument tous tes chemins

Moi je resterai ici
et je prierai pour toi
chaque jour
à l'heure de l'Ave Maria

Sois très heureuse
mais emmène-moi en pensée
pour que croissent ta gloire
et mes larmes heureuses

Se bom pra você for
Podes partir amor
E que sejas feliz
Muito bem feliz

Que Deus e a natureza
as aves nos seus ninhos
as flores pela estrada
perfume todos os caminhos

Eu aqui ficarei
por você rezarei
todas as tardes
ao bater Ave Maria

 

Que sejas bem feliz
mas leve-me na mente
que cresçam suas glórias
e minhas lágrimas contentes

(traduction par silvio)

 

Eduardo Marquez Talledo - Nube Gris (vals criollo péruviene)

Si me alejo de ti
Es porque he comprendido
Que soy la nube gris
Que nubla tu camino

 

Me voy para dejar

Que cambies tu destino
Que seas muy feliz
Mientras yo busco olvido.

Otra vez volveré a ser
El errante trovador
Que va en busca del amor
Del amor de una mujer


Se perdió el celaje azul
Donde brillaba la ilusión
Vuelve la desolación
Quedo sin luz.

 

Si me alejo de ti
Es porque yo quisiera
Que seas muy feliz
Aunque mi amor se muera
Me voy sin perturbar
Tus sueños tan queridos
Me voy con el pesar
De no ser comprendido.

Si je m'éloigne de toi

C'est parce que j'ai compris
Que je suis le nuage gris
Qui assombri ton chemin

 

Je m'en vais pour laisser
changer ton destin
Que tu sois très heureuse
pendant que je cherche l'oubli

 

  A nouveau je redeviendrai
  le troubadour errant
  Qui marche à la recherche de l'amour

De l'amour d'une femme

 

Il a fuit le ciel bleu
où brillait l'illusion
Revient la désolation
Je reste sans lumière

 

  Si je m'éloigne de toi
  C'est parce que je voudrais
  Que tu sois très heurese
  Pendant que mon amour se meurt
  Je m'en vais sans perturber
  Tes rêves si chers
  Je m'en vais avec le poids
  De ne pas être compris.

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Rédigé par Boeb'is

Publié dans #Transversal, #Pérou, #Brésil, #Traductions

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Publié le 12 Octobre 2010

Article préalablement publié sur interlignage: The Roots of Chicha 2 – Le grand retour de la cumbia péruvienne

Les musiques sud-américaines semblent être parmi les plus connues du monde ou en tout cas, dans les moins méconnues… et pourtant ! Je lisais récemment un (le seul d’ailleurs…) livre introductif en français sur la musique sud-américaine1, et quelle fut ma surprise de constater que d’Amérique du Sud, il n’était point question: 80% du livre était consacré aux musiques des Caraïbes!

Car la musique sud-américaine hispanophone, si l’on excepte le tango, quelques kitcheries world music et 2-3 tubes de l’été est complétement ignorée en Europe. Au point que la cumbia a commencé à être distribuée correctement il y a à peine 3 ou 4 ans2. Alors que la cumbia, c’est, avec le rock, la lingua franca des musiciens sud-américains ! De la Colombie où elle est originaire, la cumbia est devenu le genre populaire par excellence au Venezuela, en Argentine, au Chili et jusqu’au Mexique. Mais c’est la cumbia péruvienne qui nous retient aujourd’hui avec la sortie — pour  ma part très attendue — de la compilation The Roots of Chicha 2.

Roots of Chicha 2

Si le premier volume paru en 2007 était un peu chiche en présentation —  et même un peu incorrect —  le compilateur Olivier Conan a eu le temps en trois ans de se plonger plus profondément dans l’histoire de la chicha. Il nous livre cette fois un passionnant livret introductif. Revenons donc avec lui sur l’histoire de ce genre né il y a plus de 40 ans:

Si l’on peut remonter au début des années 1960 pour trouver des groupes péruviens jouant de la cumbia, la cumbia péruvienne comme style ne nait qu’en 1966 avec le premier album de Los Destellos. Son guitariste virtuose, Enrique Delgado, reprend le rythme et la basse caractéristique de la cumbia colombienne et y incorpore le meilleur des autres genres populaires à l’époque : la section rythmique des genres afro-cubains et surtout la guitare électrique du rock psychédélique de la Nueva Ola3.  Ce cocktail détonnant connaît un succès immédiat et de très nombreux groupes se mettent à jouer cette nouvelle cumbia peruana. A cette époque, on peut distinguer lacumbia costeña (de la Côte, notamment Lima) avec un son proche de celui des Destellos et la cumbia amazonica (de la région amazonienne, notamment Iquito).

C’est sur cette époque, qui constitue en quelque sorte l’âge d’or de la cumbia péruvienne, que la compilation se concentre. Si le premier volume se focalisait de manière quasi exclusive sur les groupes originaires d’Amazonie (Los Mirlos, Juaneco y su combo), le second opus englobe enfin des groupes phares de la Côte occultés (Los Ilusionistas, Manzanita y su conjunto) et de nouveaux titres des géniaux Destellos. La cumbia amazonica n’est pas non plus oubliée (Los Wemblers de Iquitos, Ranil) mais la surprise vient du nombre de titres qui ne sont pas des cumbias avec la présence de plusieurs groupes aussi inconnus qu’excellents (Los Ribereños, Compay Quinto, Los Walkers). Sans être des cumbias, la fusion qu’ils opèrent entre les rythmes afro-cubains et la guitare électrique  les placent incontestablement parmi les racines de la chicha. Cependant, le principal apport de la compilation d’Olivier Conan  par rapport aux autres compilations de cumbia péruvienne4, est qu’elle propose enfin de réelles chichas. Car, la cumbia péruvienne évoquée, n’était pas à proprement parler encore la chicha.

Celle-ci ne naît qu’à la fin des années 70  sous l’impact de l’exode rural des Andes vers la banlieue de Lima. Les migrations s’intensifient dans les années 80 précipitées par le terrorisme révolutionnaire du Sentier Lumineux (70 000 morts…). Ces provincianos et leurs descendants adoptent la cumbia mais en y intégrant leur musique natale, notamment le huayno. Si l’on pouvait retrouver les gammes pentatoniques typiquement andines dans les premières cumbias péruviennes, cette influence devient prépondérante en particulier au niveau du chant et des thématiques des paroles. Pour marquer la différence avec la cumbia colombienne, ce style est désormais appelé chicha, du nom de la boisson péruvienne à base de maïs. La compilation comporte trois titres (seulement) des premières grandes stars du genre que sont Chacalón, Los Shapis et Grupo Celeste. L’histoire de la cumbia-chicha ne s’est pas arrêtée à cette époque, le genre est même plus populaire que jamais mais la compilation ne va malheureusement pas au delà du début des années 19805. C’est d’ailleurs un phénomène bien curieux et assez regrettable que les rééditions de « musiques du monde » couvrent largement les années 60-70 mais quasiment jamais les artistes postérieurs… Est-ce l’arrivée des synthétiseurs ou du disque compact qui désintéressent les dénicheurs de vinyles à l’origine de ces compilations ?

Los ShapisLe livret s’attache ensuite à l’impact qu’a eu le premier volume de The Roots of Chicha au Pérou. Ainsi, la chicha est pour la bonne société péruvienne,  le symbole de la culture chola, celle des chauffeurs de taxi, des femmes de ménages,  et généralement des travailleurs du secteur informel et des habitants des pueblos jovenes, jugés peu éduqués, superstitieux, et même pour une bonne part responsables de la violence et de la corruption qui minent le pays. Quelle surprise ce fut donc de voir un label new-yorkais s’intéresser au genre! Le compiler, et même en faire des reprises (le groupe d’Olivier Conan, Chicha Libre). C’est un peu comme si un label américain compilait, r’n’b français, zouk love et tecktonik. A la décharge des Péruviens, les compilations The Roots of Chicha présentent la partie la moins kitsch du genre, que ce soit au niveau de la musique (en se concentrant sur les cumbias classiques plus que sur les chichas proprement dite), ou de l’artwork. Car un disque de chicha en vente au Pérou ressemble à ça. On est loin  — et heureusement— des images choisies par Olivier Conan!

Il fallut donc — phénomène classique — une compilation faite par des gringos et des critiques très positives dans la presse musicale internationale pour commencer — mais commencer seulement — à légitimer le genre aux yeux des Péruviens branchés. Comme l’explique le compilateur, la réappropriation concerne d’ailleurs surtout la cumbia amazonienne, non connotée « cholo » et « banlieue » (pueblos jovenes) comme la chicha. Une répétition de ce qui se passa au début des années 2000 avec la « découverte »  du baile funk des favelas brésiliennes qui provoqua un retour en force du genre au Brésil. Et c’est d’ailleurs la même chose qui fait que porter un bonnet péruvien (chullo) n’est devenu cool (et encore) pour un Péruvien urbain que depuis que Manu Chao s’affiche avec… Les compilations de cumbia péruvienne ont depuis fleuri, au Pérou bien sûr, à l’étranger également (Cumbia beat sorti en mai 2010 sur Vampisoul) et surtout moins officiellement sur internet6.The Roots of Chicha 2 vient donc prolonger ce réjouissant phénomène,  de niche mais bien réel, de l’exportation de la cumbia péruvienne en Europe et aux États-Unis. Car du reste, la cumbia péruvienne avait toujours été très populaire à l’étranger mais seulement en Amérique latine (influençant notamment les cumbias argentine et mexicaine).

Car le plus surprenant, ce n’est pas tant la légitimation tardive d’un genre jadis furieusement snobé : ça a été le cas du jazz, du rock et même de l’opéra bien avant lui ; c’est en cours pour le rap. Le plus surprenant c’est que toute cette musique formidable n’a jamais été oubliée ; elle était juste hors des circuits classiques des musiques du monde. Il est des compilations qui déterrent littéralement des vinyles devenus introuvables mais nul besoin de se donner tout ce mal pour la cumbia péruvienne: tous les titres de The Roots of Chicha 1 & 2 étaient parfaitement accessibles avant même sa parution. Ils sont depuis longtemps uploadés sur youtube, et regardés pour certains, des centaines de milliers de fois! Les groupes ont des myspaces, tournent encore pour certains. Et donc finalement, l’intérêt desThe Roots of chicha, n’est pas tant de rendre écoutables ces musiques, que de les rendre visibles par un nouveau public, et comme toute bonne compilation, d’avoir sélectionné avec goût 16 excellents titres parmi les milliers possibles.

The Roots of Chicha 2 – Psychedelic cumbias from Peru
Sortie le 12 octobre 2010 chez Barbès record 
Crédits photographiques : Barbès record

1. Isabelle Leymarie, La Musique sud-américaine, rythmes et danses d’un continent, Gallimard.
2. Ola Latina, (Bonnier Amigo, 2006), Colombia ! (Soundway, 2007), Arriba la cumbia(Crammed, 2008), Afrosound of Colombia (Vampisoul, 2010) et Beginner’s Guide To Cumbia (Nascente, 2010)  sans parler de l’effervescence de la nueva cumbia chez les hipsters !
3. Une sorte d’équivalent au yéyé français.
4. Outre Roots of Chicha 1 et une compilation dédiée à Juaneco (Masters of Chicha vol. 1) sortis par Barbès, Vampisoul a sorti Cumbia Beat.
5. Nous vous renvoyons donc à notre précédent article sur la musique péruvienne pour les évolutions ultérieures du genre.
6. Antología de la Cumbia peruana, Las Raíces de la cumbia, Chicha for the Jet set

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Rédigé par Boeb'is

Publié dans #Pérou, #Chronique

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Publié le 30 Septembre 2010

Los-Quantos.jpg

 

En 1970, Simon & Garfunkel reprenaient une chanson péruvienne écrite plus de 50 ans auparavant: El Condor Pasa, aujourd'hui connue sous le nom de If I Could. Le titre fut publié pour la 1ere fois en Europe et aux Etats-Unis en 1963 par le groupe folkorique Los Incas (qui ne sont d'ailleurs pas Péruviens).

 

La même année, le groupe péruvien Los Quantos de Ica, reprenait le tube de Simon & Garfunkel The Sound of silence, sorti en 1964, inconnue sous le nom d'El sonido del silencio!

 

Los Quantos de Ica - El sonido del silencio (1970)

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Rédigé par Boeb'is

Publié dans #Pérou

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