Publié le 24 Mai 2012

Vous connaissez sans doute le tube Rum and Coca cola. Une entêtante chanson interprétée avec candeur par le girl band Andrews Sisters. Un charmant éloge de l’île tropicale de Trinidad dont les filles semblent si bien accueillir les américains. Et un énorme tube international.

The Andrews Sisters - Rum and Coca cola (1945)

 

Mais connaissez vous la chanson originale composée par les maîtres du calypso trinidadien Lord Invader et Lionel Belasco? Les paroles semblent à peine différentes mais donnent un sens tout autre à l'accueil fait aux soldats américains: les femmes de Trinidad se prostituent! Au passage, on peut noter que la version des soeurs Andrews relève d'un plagiat pure et simple d'un certain Morey Amsterdam, qui perdit d'ailleurs son procès.

Lord Invader - Rum and Coca cola

And, when the Yankee first went to Trinidad,
Some of the young girls were more than glad,
They say the Yankee treat them nice,
And they give them a better price.

(Refrain)
They buy rum and coca-cola,
Went down Point Cumana,
Both mothers and daughters,
Working for their Yankee dollars. (Bis)

Ah, look I had a little chick the other day,

But her mother came and took her away,
Herself, her mother and her sisters,
Went in a cab with some soldiers. 
[Refrain]

They have some aristos In Port-of-Spain,
I know a lot, but I won't call name,
And in the day they won't give you a right,
But you could see them with the foreigners late at night,
Drinking 
[Refrain]

I know a couple who got married one afternoon,
And was to go Miami on their honeymoon,
But the bride run away with a soldier lad,
And the stupid husband went staring mad

 

 

 

 

 

 

Et, quand les yankees sont arrivés à Trinidad,
Des jeunes filles étaient plus que contentes,
Elles ont dit que les yankees les traitent bien
Et qu'ils leurs donnent un meilleur prix

 

(Refrain)
Elles achètent du rhum et du coca-cola,
Vont à Point Cumana,
Les mères comme les filles,
Travaillent pour les dollars des yankees.

Eh, regarde, j'avais une petite copine l'autre jour,
Mais sa mère est venue et l'a emmenée,
Elle, sa mère et ses sœurs,
Sont entrées dans un taxi avec des soldats.


[Refrain]

Il y a des aristos à Port-of-Spain,
J'en connais beaucoup, mais je ne donnerai pas de noms,
Qui de jour ne se compromettent pas avec vous,
Mais on peut les voir avec les étrangers tard dans la nuit,
Buvant.

[Refrain]

Je connais un couple qui s'est marié une après-midi,
Et se préparait à aller à Miami pour la lune de miel,
Mais la mariée s'est enfuie avec un soldat,
Et le stupide mari est devenu raide fou.


[Refrain] 
 

    Traduction des paroles par Aurélie Helminger

 

Même époque, autre tube: Why don't you do right ?, interprété par Peggy Lee et Benny Goodman en 1942.  

Peggy Lee - Why don't you do right (1942)

On entend une starlette autoritaire au sourire charmeur et sucré qui semble se plaindre de n'être pas assez gâtée.

Mais, derrière, il y a une autre chanson tragique: un blues aride et lancinant écrit par 1936 par Joe McCoy. Des paroles identiques, mais dont interprétation de Lil Green donne un tout autre sens. 

Lil Green - Why don't you do right (1941)

You had plenty money in nineteen twenty-two
You let other women make a fool of you


Why don't you do right like some other men do?
Get out of here, get me some money too.

You're sittin' down wonderin' what it's all about 
You ain't got no money that will put you out 

chorus


If you had prepared twenty years ago 
You wouldn't be wanderin' now from door to door

chorus

I fell for your jivin' and I took you in

Now all you got to offer me's a drink of gin

chorus

Tu avais de l'argent à la pelle en 1922
Tu as laissé les autres femmes te prendre pour un idiot

Pourquoi tu ne fais pas les choses correctement
Comme le font les autres hommes
Donne moi de l'argent à moi aussi
Ou dégage d'ici

Tu es assis ici à te demander le pourquoi de tout ça
Si tu n'as pas d'argent, ils te mettront à la porte

refrain

Si tu étais préparé à ce qui t'es arrivé il y a 20 ans
Tu ne serais pas un vagabond qui va de porte en porte

 
refrain


J'ai succombé à ton baratin et t'ai accepté chez moi
Maintenant tout ce que tu as à m'offrir c'est un verre de gin

refrain

(Traduction trouvée sur le net)

Ecoutez aussi cette superbe interprétation encore plus ancienne avec des paroles différentes, par le Harlem Hamfats dont était membre le compositeur de ce titre, Joe McCoy: Weed Smoker's Dream.

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Publié le 15 Mai 2012

Quatrième tour de la musique brésilienne actuelle. Et sans doute pas le dernier, au vu de son incroyable richesse qui ne cesse jamais de m'étonner.

Chacun de ces artistes mériterait de belles chroniques en bonne et dues formes, avec biographie et discographie savantes analyses et références pointues bien placées...d'autant que la toile francophone est souvent avare en informations sur eux. Mais ils n'auront sur ce blog que de lapidaires commentaires. 
 
Il existe tout un mouvement de folk indé au parfum brésilien notamment à Rio de Janeiro. Ce courant est porté par des artistes comme Marcelo Camelo, ou la jeune-et-jolie Mallu Magalhães. Dans cette veine, je viens de découvrir Cícero, 25 ans, qui nous offre ses "chansons d'appartement". Un bel album, sensible et personnel sur la solitude urbaine. Ça sonne un peu cliché mais c'est juste, intime et très beau. Et c'est gratuit: Cancoes de Apartamento.
 

Cícero - Vagalumes cegos (Cancoes de Apartamento, 2011) 

Ecoutez aussi cette petite perle, ma préférée de l'album.
 
 
Sans doute, LA révélation musicale de 2011 au Brésil, Criolo, est un artiste fascinant. avec déjà un long passé dans la scène rap de Sao Paulo. Il excelle dans tous les styles, du rap à la samba, de la soul, au reggae, à l'afrobeat, avec toujours une touche très personnelle. Et lui aussi, offre son album en téléchargement gratuit: Nó na Orelha.

Criolo - Não Existe Amor em SP (Nó na Orelha, 2011)

 
Un de mes groupes brésiliens préférés, dont je me rends compte avec surprise que je n'ai toujours pas parlé sur ce blog. Mombojó viennent de Recife dans le Pernambouc, Etat dont est issu la fameuse scène mangue-bit. Mombojó recréent une nouvelle fois cette alchimie particulière entre mélodies et rythmes, dont seuls les Brésiliens semblent avoir le secret.
Mombojó - Cabidela (Nadadenovo, 2002)

 

Une récente révélation du rap brésilien underground, à côté de Criolo ou d'autres rappeurs comme Rashid et Projota. Ces derniers sont d'ailleurs réunis sur le titre, Novem ordem.

EMICIDA - Triunfo (2009)

 
   
Et enfin, dernière découverte, Afrojazz mataz, sur lesquels je n'ai absolument trouvé aucune information, mais dont l'album sorti cette année, est disponible ici.
Pour suivre l'actualité d'artistes que j'ai déjà évoqué dans ces "tours de la musique brésilienne actuelle" où je me tiens à la règle de n'évoquer un artiste qu'une fois, je vous signale le nouvel album du sympathique Curumin (Arrocha), et celui de l'excellent Lucas Santtana (O Deus que devasta mas também cura - clip).
 
 
Par ailleurs, je vous signale qu'Olivier Cathus a ouvert récemment un site dédié aux musiques brésiliennes. Ça tombe bien, c'est lui qui en parle le mieux sur la toile francophone avec un goût toujours sûr: Afro-sambas. Et pour découvrir classiques et nouveautés introuvables en France, la meilleur adresse pirate est Um que tenha.

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Publié le 1 Mai 2012

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(Wu Guanzhong, Cranes in dance)

 

Petite sélection des chansons qui m'ont marqué dernièrement, à l'image de ce que je n'écoute presque exclusivement ces derniers temps, soit des titres d'artistes africains et latino-américains.

 

Le créateur et génial interprète du chimurenga, l'unique Thomas Mapfuno. Un riff minimaliste répété pendant 7 minutes. Et pourtant, arrivé au bout, on veut juste en reprendre pour 7 minutes de plus!

Thomas Mapfuno- Juanita (1985) (par ici)

 

Toujours du Zimbabwe, écoutez cet irrésistible jeu de guitare.

  Patrick Mkwamba & the Four Brothers - Zvinonaka Zvinodhura (par là)

 

La beauté de la guajira cubaine par l'incontournable Guillermo Portables, à qui l'ont doit le classique El Carretero.

Guillermo Portables - Lamento Cubano

 

Un disque intense et spirituel originaire du Brésil (voir la chronique d'Afro-Sambas avec les liens pour télécharger gratuitement et légalement l'album).

Kiko  Dinucci, Juçara Marçal, Thiago França - Obá iná (Metá metá, 2011)

 

  Les envoutantes méditations pianistiques de l'ethiopienne Emahoy Tsegue-Maryam Guebrou. 

Mahoy Tsegue-Maryam Guebrou - Mother's Love (1963) (extrait de Ethiopiques Volume 21)

 

Et enfin comme dernière titre, Django Reinhardt jouant Carinhoso en 1931 (source). Où la rencontre du plus grand classique de la musique brésilienne composé par Pixinguinha en 1917, et du plus grand musicien français du siècle dernier. Je n'ai pas trouvé trace de l'enregistrement de cette interprétation, mais le plaisir est justement de tenter de l'imaginer..

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