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Publié le 4 Février 2013

Quelques reprises de grandes chansons d'un bout du monde à l'autre par des musiciens curieux. Autant de petits témoignages de la circulation de la musique entre les pays d'Amériques et d'Afrique, et entre ces deux continents.

 

On parle souvent de la connexion entre Cuba et l'Afrique. Pour souligner les racines africaines de la musique cubaines, puis en retour l'influence prépondérante des musiques cubaines en Afrique, de l'ouest notamment. Une illustration avec cette reprise d'un des plus influents musiciens cubains Arsenio Rodriguez, par les incontournables sénégalais de l'Orchestra Baobab.

 

Arsenio Rodriguez - Me engañastes Juana (Primitivo, 1963)

 

Orchestra Baobab - Juana (Baobab à Paris, 1978, réédité par Syllart sur le double album, La belle époque)

 

 

Voici un grand classique de la musique brésilienne, qui provient du fin fond du sertão, territoire aride et reculé du Nordeste. Selon la légende, ce serait le bandit errant, légendaire mais très réel Lampião qui l'aurait écrit. "Dentellière, humble femme, tu m'apprends à filer, je t'apprendrai à séduire"...Ici une interprétation par un camarade de crime de Lampião.

Volta Seca - Mulher Rendeira (Cantigas de Lampião, 1957 - mais la chanson a été écrite 35 ans plus tôt).

 

Cette chanson a été reprise par le grand groupe de cumbia péruvienne Juaneco y su Combo, originaire de la région de la forêt Amazonienne. Cette chanson est devenue un de leurs plus grands classiques et par la même un des classiques de la cumbia péruvienne.

Juaneco y su combo - Mujer Hilandera (Mujer Hilandera, 1970, INFOPESA, réédité sur Juaneco y su Combo, Masters of Chicha Volume 1, Barbès record ainsi que sur Cumbia Beat Vol. 1, Vampisoul)

 

La passion des Colombiens pour la musique africaine, notamment congolaise et nigériane a été parfaitement documentée par diverses passionnantes compilations, et notamment la récente Diablos del Ritmo (Analog Africa, 2012).

 

Premier exemple avec le Maître incontesté de l'afrobeat repris par le plus fameux des groupes colombiens nourris à la música  africana.

Fela Kuti - Shakara Oloje (Shakara, 1972)

 

Wganda Kenya - Shakalaode (1976, réédité sur Club Africa, Vol. 1 Hard African Funk, Afro-Jazz, & Original Afro-Beat, 1999)

 

Les Colombiens écoutaient aussi de la musique sud-africaine, en témoigne cette superbe reprise d'Amampondo de Miriam Makeba par Myrian Makenwa.


Miriam Makeba - Amampondo (The world of Miriam Makeba, 1963)

 

Myrian Makenwa - Amampondo (La Extraordinaria Myrian Makenwa, 1979, réédition sur Diablos del Ritmo, Analog Africa, 2012)

 

 

  Pour l'anecdote , j'ai lu récemment que Sivuca, grand accordéoniste brésilien (à qui l'on doit par exemple la mélodie de João e Maria rendue célèbre par Chico Buarque) passa un essai aux Etats-Unis pour accompagner Miriam Makeba. Elle lui demande de l'accompagner sur un morceau d'upacanga sud-africain. A l'époque, il ne parlait pas anglais, et seulement français. La fille de Miriam Makeba fait office d''interprète en français et lui demande: Ma mère voudrait savoir où vous avez appris à jouer si bien l'upacanga sud-africain? Il répondit, qu'il l'avait appris par assimilation, car l'upacanga est le même rythme que le baião de son Nordeste natal. Et il fut donc engagé et joua avec elle de 1965 à 1969 date à laquelle il refusa de l'accompagner pour un concert à Cuba. En effet, à l'époque, un passage sur l'île de Fidel Castro impliquait qu'il ne pourrait plus jamais revenir aux Etats-Unis, mais aussi la prison s'il retournait au Brésil, à l'époque en pleine dictature...

 

Cette transition entre Miriam Makeba et le Nordeste brésilien nous mène donc à un autre classique de cette région, peut être le plus grand. Asa Branca de Luiz Gonzaga dont Histgeobox nous parle très bien ici.

Luiz Gonzaga - Asa branca  (1947)

 

Repris par le malien Ballaké Sissoko (kora) et le français Vincent Segal (violoncelle).

Ballaké Sissoko et Vincent Segal - Asa Branca (At Peace, 2012)

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Publié le 24 Janvier 2008

La distinction entre les genres dits « traditionnels » et la musique populaire plus récente est on ne peut plus floue. La musique traditionnelle n’est au fond qu’une musique populaire qui s’est ancrée profondément dans la culture au point qu’on la considère comme un élément à part entière de celle-ci et non plus un de ses sous-produits. Nul doute que le rock et la pop « moderne » ne soient un jour catalogués comme musique traditionnelle ! Après tout, la chanson française est qualifiée de world music outre-atlantique… J’avais envie de parler de ces vieux standards folk popularisés 50 voir 100 ans après leur création (par un simple habillage musical au goût du jour) et dont l’originale a souvent été éclipsée. Ceci d’autant plus facilement que sa création peut dater d’avant l’enregistrement sonore !

Mais comme ça serait trop facile et moins rigolo, on va plutôt voir que ce phénomène joue aussi pour des chansons de tradition musicale différente (non pas une relecture moderne de ces chansons traditionnelles -ce qui ne veut rien dire- mais simplement une relecture à la lumière de la tradition musicale occidentale).

Entrons (enfin !) dans le vif du sujet:

J’ai longtemps été surpris de voir que les groupes de péruviens qu’on croise dans le métro reprennent systématiquement Simon et Garfunkel. Mais comme vous devez le savoir, c'est juste que l’originale est une chanson péruvienne, El condor pasa. Il s'agit d'un zarzuela (autrement dit dont on a perdu la trace de l'auteur), qui a été tanscrite par Daniel Alomía Robles en 1913.



L'originale (enfin une version plus ou moins proche)

 

 La reprise: Simon et Garfunkel - El Condor Pasa (If I could)

 

 


Qui n’a jamais trippé sur Le lion est mort ce soir? C’est certes une chanson de colonie de vacances, mais c’est avant tout une chanson accappela zoulou (Afrique du sud), enregistrée en 1939 par Solomon Linda.

 

L'originale:

La chanson a été reprise aux Etats-Unis dès les années 50 par les Weavers puis dans les années 60 eux même repris par The Tokens.
 
The Tokens - The lion sleep tonight

En France, on a eu droit à une version de Henri Salvador (Le lion est mort ce soir) et plus récemment par Pow Wow ()

 


 

La petite mélodie assez insuportable de la lambada a été popularisée en France par Kaoma (1989). C'est une adaptation de la chanson andine (Bolivie) Llorando se Fue du groupe Los K'jarkas qui datait des années 70. Pour être plus précis, Kaoma a copié une reprise brésilienne de Llorando se Fue.


L'originale: 

 
 

Plus: sur les reprises en général, un excellent article d'Isabelle Regner de 2003,  et un article de wikipédia, Cultural appropriation in western music. Toujours sur wikipédia, Mbube, Los Kjarkas

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Rédigé par Boeb'is

Publié dans #Transversal, #Pérou, #Afrique du Sud, #Bolivie, #Brésil

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