Publié le 1 Juin 2008

J’ai remarqué que mes groupes préférés étaient ceux que j’avais mis le plus de temps à apprivoiser. On commence perplexe, puis un truc nous titille, alors on récidive, on craque sur un morceau et on finit par aimer tout l’album. Après on peut mettre du temps à digérer, moi en tout cas je cale assez souvent, mais ça me semble rarement totalement hors d’atteinte.

Pourtant il y a des trucs qui sont tellement différents que je pense que je n’arriverai jamais à les comprendre. Je ne pense pas au metal expérimental, ni même à la musique atonale, juste à certaines musiques traditionnelles. 

Soyons d’accord, il y a musique traditionnelle et musique traditionnelle. La musique européenne nous est rarement inaccessible. Pareil pour les genres « modernes » d’Amérique latine ou d’Afrique qui sont souvent imbibés de musique occidentale ou qui nous sont familiers par les emprunts qu’on leur à fait.  

Mais il y a des trucs…. quand je les écoute, j’a l’impression d’essayer de lire un livre dans une langue inconnue. Si c’était de l’italien, je pourrais deviner quelques mots, mais là ça serait plus de l’arabe ou du chinois. Incapable de dire en l’écoutant si la chanson est triste ou gaie, apaisée ou énervée. Incapable aussi de sentir quand la fin arrive. C’est l’incompréhension totale.

Mais tout n’est pas perdu ! Car comme on peut apprécier la beauté d’une calligraphie sans comprendre le sens des mots, je crois vraiment qu’on peut apprécier la beauté d’une musique sans la comprendre. Le sens nous échappe mais la fascination est bien là, et c’est déjà pas mal.

Pour illustrer ça, voici quelques morceaux de musiques traditionnelles des peuples des montagnes du nord et du centre du Vietnam. J’ai choisi des morceaux avec peu de musiciens car c'est plus digeste. J'avais emprunté l'album il y a longtemps dans une discothèque et donc je n'ai malheureusement pas les infos du livret. Les chansons sont extraites de Vietnam : Musiques des montagnards, publié par Chant du monde associé au CNRS et au Musée de l'Homme en 1997. Les noms (Hani, Khmu et Ma) sont ceux des peuples et pas ceux des artistes.


Un très beau morceau de chant acapella, avec des voix très douces qui s’entremêlent de manière extrêmement surprenante.
Hani - Chant alterné
dewplayer:http://boebis.free.fr/Musique/VN%201%20Chant%20alterne.mp3&

Un morceau incroyable, un solo d’un instrument à vent appelé pilang bhang. Par moment, ça fait un peu penser à du free jazz au saxo.
Khmu - Solo de clarinette pilang bhang
dewplayer:http://boebis.free.fr/Musique/VN%2019%20Solo%20de%20clarinette%20-%20pilang%20bhang.mp3&

Le morceau le plus obscur. D’après le titre, c'est un solo de cithare, mais ça ressemble plus à des percussions.
Ma - Solo de Cithare
dewplayer:http://boebis.free.fr/Musique/VN%2023%20Solo%20De%20Cithare.mp3&

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Publié le 31 Mai 2008

 

«Pas question de m’aventurer dans une autre histoire d’amour

Quelle place pourrais-je laisser à une autre ?

J’ai beau consulter tous les médecins, cela ne sert à rien

Ma maladie c’est toi puisque tu n’es jamais près de moi

Quand j’ai trop faim, je grignote n’importe quoi

Mais pour moi, me rassasier c’est me nourrir de ton amour.»

 

Une ligne de basse en forme de boucle fermée sur elle même, des cuivres denses et lancinants et la voix de Mahmoud Ahmed qui répète encore et encore ces paroles sublimes. La sensation qui s’en dégage est extraordinaire : c’est chaud, moite, violent, une sorte de manque physique à l’état pur qu’on imagine proche de la folie. On sent Mahmoud Ahmed emprisonné dans ce désir impossible et qui tente d’en sortir avec ce cri Ereeeee mela c'est-à-dire, je cherche une solution.
 

Mahmoud Ahmed - Erè mèla mèla
dewplayer:http://boebis.free.fr/Musique/Mahmoud%20Ahmed%20-%20Ere%20Mela%20Mela.mp3&

 

 

La chanson poursuit dans le même style et avec la même intensité dans son deuxième mouvement Mètché nèw (Quand ?). Les paroles également courtes et superbes ; des trucs bateaux mais qu’on a l’impression d’entendre pour la première fois :

 

 

 

«Quand ? Aujourd’hui ou demain ?

 

Quand serons-nous les yeux dans les yeux ?

J’ai des céréales en abondance mais je reste affamé

Car ma faim est la faim de tes lèvres

Tu obsèdes mon esprit jour et nuit et je meurs

De ton absence.» 

Mahmoud Ahmed - Mètché nèw
dewplayer:http://boebis.free.fr/Musique/Mahmoud%20Ahmed%20-%20Metche%20new.mp3&

 

 

Le reste de l’album est du même gabarit,  rempli à en déborder de pépites de chansons d’amour. Je vous mets celle qui le conclu, Tezeta (Mélancolie) dont l’aspect apaisé tranche avec le reste de l’album.

 

 

«Le passé est derrière moi

Le souvenir s’appuie sur aujourd’hui

Demain il sera là, toujours ravivé.

On a dit que le souvenir est le bateau de la pensée

C’est aussi le bateau de l’anxiété

Et moi je suis le port où accoste ce bateau

Que l’amour serait éphémère si le souvenir

Ne perdurait pas.»


Mahmoud Ahmed - Tezeta
dewplayer:http://boebis.free.fr/Musique/Mahmoud%20Ahmed%20-%20Tezeta.mp3&

 

 

Les titres sont extraits de Ere Mela Mela, 7ème volume de la série des Ethiopiques de Buda Musique qui en comporte une bonne vingtaine. Les titres que j'ai mis sur le blog sont loin d'être inconnus, puisque cet album est le premier album éthiopien à être sorti en Occident (en 1986) avec le titre éponyme qui passait en boucle sur Radio Nova. On les retrouve aussi sur le premier volume des Ethiopiques Golden Years of Modern Music et sur The Very Best Of Ethiopiques.

 

 

 

 

Les petits curieux, jetez un oeil sur le site officiel, un autre sur une interview avec le bonhomme derrière les Ethiopiques, Francis Falceto et le 3eme sur une histoire de la musique éthiopienne moderne écrite par le Monsieur en question. C'est un peu long, mais l'article vaut vraiment le coup. Il explique le processus d'incorporation de la musique occidentale qui aboutit à la musique moderne, l'âge d'or de cette musique entre 1969 et 1978 puis sa décadence avec l'arrivée d'un régime militaire. Il y a aussi des développements passionnants sur l'identité de l'Ethiopie par rapport au reste de l'Afrique.

 

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Publié le 29 Mai 2008

Je viens de lire un billet assez intéressant sur le blog Anoko de l'ICRA. Pas à propos de musique, mais pas non plus sans rapport: la foutue notion d'authenticité. L'auteur dénonce les supercheries de l'ethno-tourisme et des documentaires éthnologiques qui recherchent l'exotisme et non la vérité.

« pour garder le coté exotique et authentique à tous prix, on fera disparaitre du champs toute trace de modernisme, tout vétement, toute trace de béton ou de tôle ondulée. Tels ces indiens d’Amazonie Huaorani ou Zoé, en contact depuis déjà quelques décennies et que l’on nous fait découvrir nus comme aux premiers matins du monde. »

Le billet : Le documentaire ethnographique de télévision, authenticité ou altération ? par Patrick Bernard

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Publié le 25 Mai 2008

Oyez Oyez, quelqu'un connaît un hébergeur FTP rapide, généreux en espace, gratuit, qui tolère les mp3, qui permet d'accéder directement aux fichiers (pas les rapidshare et cie), sans OGM ni sucre ajouté?

Car depuis quelques jours impossible de me connecter au FTP de Free où je stocke habituellement les mp3. Ca marche qu'avec l'interface web de Free où les envois sont limités à.... 2mo. M. Internet voudrait me forcer à bachoter mes partiels qu'il ne s'y prendrait pas autrement!

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